Anton Corbijn dans l’objectif

Les portraits de Bono, Lou Reed, Tom Waits, Miles Davis ou Clint Eastwood, signés Corbijn, sont aussi facilement identifiables qu’un film des Dardenne ou une fraise de Wépion. S’il fallait se contenter d’un seul qualificatif, on opterait pour "minéral", tant le cliché est dur, solide, contrasté, primitif. La réalisatrice, Klaartje Quirijns, nous emmène à la découverte de cette figure de la culture rock, passée récemment à la réalisation. D’abord, avec "Control", film autour de la personnalité et du suicide de Ian Curtis, le chanteur de Joy Division. Et puis, "The American", un polar atmosphérique et graphique tourné dans les Abruzzes avec un George Clooney dévitalisé, intériorisé, renouvelé. Qui est vraiment cette star de la photo ? Ceux qui sont passés devant son boîtier argentique ne tarissent pas d’éloges, l’un d’eux en vient d’ailleurs à dire qu’il y a du travail, après, pour se hisser à la hauteur du portrait d’Anton.

F.Ds

Les portraits de Bono, Lou Reed, Tom Waits, Miles Davis ou Clint Eastwood, signés Corbijn, sont aussi facilement identifiables qu’un film des Dardenne ou une fraise de Wépion. S’il fallait se contenter d’un seul qualificatif, on opterait pour "minéral", tant le cliché est dur, solide, contrasté, primitif. La réalisatrice, Klaartje Quirijns, nous emmène à la découverte de cette figure de la culture rock, passée récemment à la réalisation. D’abord, avec "Control", film autour de la personnalité et du suicide de Ian Curtis, le chanteur de Joy Division. Et puis, "The American", un polar atmosphérique et graphique tourné dans les Abruzzes avec un George Clooney dévitalisé, intériorisé, renouvelé. Qui est vraiment cette star de la photo ? Ceux qui sont passés devant son boîtier argentique ne tarissent pas d’éloges, l’un d’eux en vient d’ailleurs à dire qu’il y a du travail, après, pour se hisser à la hauteur du portrait d’Anton.

Fils d’un pasteur hollandais, Anton Corbijn s’est senti isolé toute son enfance, son adolescence, à cause de sa situation familiale. Heureusement, il y avait la musique, un univers dans lequel il se sentait bien, au point de vouloir en faire partie. Et la photo fut la clef pour y pénétrer. Car si les oreilles d’Anton étaient affûtées, son œil l’était encore davantage. L’homme a un don pour voir le beau, l’organiser, le saisir, le travailler. Une qualité qui a sa contrepartie, rigole-t-il, la laideur du monde lui saute aux yeux avec la même force. A travers les commentaires de Lou Reed, les témoignages familiaux, et ses propres propos, alors qu’il prépare un shooting, tourne un film, met en scène son exposition, on s’approche d’un être talentueux, capable de saisir avec élégance la part intime d’un artiste, mais qui entend garder son secret.

Réalisation : Klaartje Quirijns 1h22.