Romance à l’eau douce

Une idée de génie, c’est parfois comme un rêve, insaisissable, qu’il faut ferrer comme un poisson et ramener à la surface, avec patience et fermeté. Tout commence comme cette image, fugace, d’un homme pêchant le saumon dans un lac, au beau milieu du Yémen. Pur fantasme, mais comme c’est celui d’un riche cheik (Amr Waked), elle remonte jusqu’à un cabinet conseil londonien où la jeune Harriet Chetwood-Talbot (Emily Blunt) est chargée de la concrétiser. Qui mieux qu’un expert du ministère de l’Agriculture, Ecossais, donc forcément pêcheur, pourrait la mettre en œuvre ? Mais le docteur Alfred Jones (Ewan McGregor), conservateur jusque dans la pratique de la bagatelle, n’y croit pas un instant. Mais comme l’attachée de presse du Premier ministre (Kristin Scott Thomas), en quête d’une "info anglo-arabe sur un truc qui n’explose pas", tombe sur la requête d’Harriet, Jones n’a bientôt d’autre choix que se jeter à l’eau.

A.Lo.

Une idée de génie, c’est parfois comme un rêve, insaisissable, qu’il faut ferrer comme un poisson et ramener à la surface, avec patience et fermeté. Tout commence comme cette image, fugace, d’un homme pêchant le saumon dans un lac, au beau milieu du Yémen. Pur fantasme, mais comme c’est celui d’un riche cheik (Amr Waked), elle remonte jusqu’à un cabinet conseil londonien où la jeune Harriet Chetwood-Talbot (Emily Blunt) est chargée de la concrétiser. Qui mieux qu’un expert du ministère de l’Agriculture, Ecossais, donc forcément pêcheur, pourrait la mettre en œuvre ? Mais le docteur Alfred Jones (Ewan McGregor), conservateur jusque dans la pratique de la bagatelle, n’y croit pas un instant. Mais comme l’attachée de presse du Premier ministre (Kristin Scott Thomas), en quête d’une "info anglo-arabe sur un truc qui n’explose pas", tombe sur la requête d’Harriet, Jones n’a bientôt d’autre choix que se jeter à l’eau.

Lasse Hallström s’est fait une spécialité des comédies sentimentales au parfum guimauve. A force d’œuvrer pour les anglo-saxons, le Suédois en est arrivé à maîtriser à la perfection leur humour et leur culture. Il retrouve fort heureusement ici un peu de vitalité et d’ironie après le suintant (et idéologiquement détestable) "Dear John". "Salmon Fishing in the Yemen" démarre comme un festival de bons mots, petites phrases, assassines ou ironiques, où excellent Kristin Scott Thomas, parfaite en business-bitch de la com’, et Ewan McGregor, dans le contre-emploi du scientifique clumsy, Emily Blunt se chargeant de la dose de charme.

Le scénario, adapté d’un best-seller de Paul Torday, prend la forme d’une fable sur la foi et la passion, raillant au passage le cynisme politique. D’apparence sans esbroufe, la mise en scène d’Hallström peut même se révéler inspirée par instant, dotant chaque scène d’un rythme propre. Dommage qu’en chemin, une banale et convenue romance se greffe (le péché véniel d’Hallström et du scénariste Simon Beaufoy, auteur de "Slumdog Millionaire") -, elle est d’autant plus téléphonée que c’est un des premiers films dont certaines scènes ont été tournées avec un iPhone 4S...

Hallström, une nouvelle fois, peine à tenir la distance, son film s’essoufflant dans la dernière demi-heure, jusqu’à un happy end sur fond de coucher du soleil tarte à la crème. Mais dans l’intervalle, il nous avait bien ferré.

Réalisation : Lasse Hallström. Scénario : Simon Beaufoy. Avec Ewan McGregor, Emily Blunt, Kristin Scott Thomas, 1h47.