Men In Black 3: rencontre d’un 3e type

Dix ans plus tard, les Men in Black sont donc de retour. Mais sous le signe du chiffre 3. Trois hommes sur l’affiche d’un film en 3 D, d’où quelques effets pourris qui upgradent le charme kitsch d’un ouvrage qui transpire la nostalgie.

Men In Black 3: rencontre d’un 3e type
©Sony
F.Ds

Dix ans plus tard, les Men in Black sont donc de retour. Mais sous le signe du chiffre 3. Trois hommes sur l’affiche d’un film en 3 D, d’où quelques effets pourris qui upgradent le charme kitsch d’un ouvrage qui transpire la nostalgie.

Du jour au lendemain, sans le prévenir, l’agent J (Will Smith), qui a travaillé 14 ans avec l’agent K (Tommy Lee Jones), se retrouve associé à un nouveau partenaire AA - c’est comme les plaques d’immatriculation -, un vrai moulin, non un ventilateur à paroles. C’est dire si cela le change et s’il regrette son taciturne agent K. Mais où est-il passé celui-là ? Au bureau, quand il s’informe de la disparition de K, on le regarde comme s’il demandait des nouvelles du ministre Urbain. Personne ne connaît K. Et pour cause, il est mort voici plus de 40 ans, en juillet 1969. Seule O, la big boss - Z est mort aussi - s’en souvient, les autres sont bien trop jeunes. Mais ce n’est pas à J, qui ne se sépare jamais de son "neutralyser" (vous vous souvenez à quoi servent les Ray-Ban, non !), qu’on pourrait faire avaler que son collègue, depuis des lustres, n’a, en fait, jamais existé. Pour calmer son agitation, O envoie J dans le passé pour lui rafraîchir la mémoire, et, au passage, sauver le monde, bien évidemment.

On n’est pas là pour pointer les pièces du scénario qui ne s’imbriquent pas toujours très bien avec les éléments des épisodes précédents, mais pour s’amuser en compagnie d’un duo qui fonctionne. Et, cette fois, il y a même deux duos : l’ancien, composé de Will Smith et Tommy Lee Jones, et le nouveau, de Will Smith et Josh Brolin, impeccable en Tommy Lee Jones jeune.

Toujours aux commandes, Barry Sonnenfeld filme du (costume) sur mesure, même pour les délirants extraterrestres. Le contrat de franchise est parfaitement rempli par le scénariste (un certain Etan Cohen, à ne pas confondre avec Ethan Coen ?) qui fait preuve d’un sens de l’autodérision bien placé, en se moquant avec esprit de son propre délire.

La surprise qui attend le spectateur, c’est le bain de nostalgie. Nostalgie d’une production à la "Back to the future". Nostalgie de retrouver les héros d’une comédie fantastique à l’horreur marrante. Nostalgie d’être replongé dans les années Spielberg-Lucas quand ceux-ci imposaient aux blockbusters leur esthétique des effets spéciaux ILM. Nostalgie d’une Amérique, toute-puissante, prête à décrocher à Lune, car c’est à Cap Canaveral, en juillet 69, qu’est renvoyé J.


Le bon temps, quoi ! Réalisation : Barry Sonnenfeld. Avec Will Smith, Tommy Lee Jones, Josh Brolin, Emma Thompson 1h45.