Avant la séparation

La renommée acquise par le réalisateur iranien Asghar Farhadi, suite au succès de son dernier film en date, "Une séparation" (Ours d’or à Berlin, César et oscar du meilleur film étranger), permet au public de redécouvrir un de ses premiers longs métrages, "La fête du feu" datant de 2006.

A.Lo.

La renommée acquise par le réalisateur iranien Asghar Farhadi, suite au succès de son dernier film en date, "Une séparation" (Ours d’or à Berlin, César et oscar du meilleur film étranger), permet au public de redécouvrir un de ses premiers longs métrages, "La fête du feu" datant de 2006.

Travaillant déjà à l’épure, le réalisateur y concentre son récit dans un immeuble d’appartements, la veille du Nouvel An iranien, qui donne son titre au film. On y trouve déjà des figures familières, incarnation des différentes couches de la société iranienne de Téhéran. Rouhi (Taraneh Allidousti, qui sera ensuite la Elly de "A propos d’Elly" de Farhadi) est une aide à domicile chargée d’effectuer le ménage traditionnel chez un couple en crise. La femme, Mojdeh (Hedieh Tehrani), soupçonne son mari Morteza (Hamid Farrokhnejad) d’entretenir une relation avec la voisine, coiffeuse divorcée (Pantea Bahram, déjà prénommée Simin, comme la future divorcée de "Une séparation"). Soupçon que partagera le spectateur avant de pouvoir trancher. Si le film n’est pas aussi maîtrisé que le seront "A propos d’Elly" et "Une séparation", il recèle déjà la puissance du cinéma de Farhadi. L’ouverture, où l’on suit Rouhi et son fiancé à moto sur une route de montagne, est un contrepoint de ce qui va suivre, où l’appartement en désordre de Morteza et Mojdeh est devenu la prison d’un couple qui ne s’aime plus. La fête en cours à l’extérieur rend d’autant plus mortifère l’ambiance intérieure.

Réalisation : Asghar Farhadi. Scénario : Asghar Farhadi, Mani Haghighi. Avec Taraneh Allidousti, Hamid Farrokhnejad, Hedieh Tehrani, Pantea Bahram, 1h42