Drôle de deuil

Alors qu’Armand (Denis Podalydès) est tiraillé entre sa maîtresse Alix (Valérie Lemercier) et sa "bientôt future ex-épouse" Hélène (Isabelle Candelier), qu’il aime encore, il apprend la mort de Berthe, sa grand-mère qu’il ne voyait plus depuis des années : le voilà devant choisir entre un cercueil télécommandé ou bio, une crémation nocturne (50 % de réduction) ou les formules "Arc-en-ciel", "Point d’orgue" ou "Terminus" A Rovier (Michel Vuillermoz), un entrepreneur de pompes funèbres ("c’est une marque de godasses ?", lui demande sa future belle-fille), qui se la joue thalasso de luxe comme certains marchands de capsules expresso se prennent pour des bijoutiers, il préfère un plus prosaïque confrère, Yvon Grinda (Bruno Podalydès) qui arrondit ses fins de mois en officiant aussi pour les animaux domestiques de tous poils.

A.Lo.

Alors qu’Armand (Denis Podalydès) est tiraillé entre sa maîtresse Alix (Valérie Lemercier) et sa "bientôt future ex-épouse" Hélène (Isabelle Candelier), qu’il aime encore, il apprend la mort de Berthe, sa grand-mère qu’il ne voyait plus depuis des années : le voilà devant choisir entre un cercueil télécommandé ou bio, une crémation nocturne (50 % de réduction) ou les formules "Arc-en-ciel", "Point d’orgue" ou "Terminus" A Rovier (Michel Vuillermoz), un entrepreneur de pompes funèbres ("c’est une marque de godasses ?", lui demande sa future belle-fille), qui se la joue thalasso de luxe comme certains marchands de capsules expresso se prennent pour des bijoutiers, il préfère un plus prosaïque confrère, Yvon Grinda (Bruno Podalydès) qui arrondit ses fins de mois en officiant aussi pour les animaux domestiques de tous poils.

Denis Podalydès composait l’année dernière un Sarko feu de paille qui perdait sa femme en conquérant la France. Il est revenu à Cannes, toujours en instance de divorce, mais en Français "normal" qui redécouvre l’amour d’adolescent, mais hésite : face à la mort de Mémé (dont il découvrira les regrets de jeunesse), il prend conscience des choix cruciaux qui se présentent à lui. Alix ou Hélène ? Etre pharmacien ou magicien ? Aller, mercredi, aux funérailles de Mémé ou animer l’anniversaire de sa future belle-fille ?

Sujet(s) grave(s) traité(s) avec une légèreté burlesque par les deux frangins, dans un feu d’artifice de bons mots et de scènes de pure comédie, où défilent leurs amis de la Comédie-Française. Bruno a le sens du décor cocasse, du détail qui tue, du gag visuel imparable aussi simple soit-il (le thermos qu’on confond au milieu d’urnes funéraires high-tech). La magie et ses trompe-l’œil sont un motif récurrent du film. Dans la pharmacie d’Armand, les étagères coulissantes cachent les portes de la partie privative - accessoire vaudevillesque utilisé avec espièglerie par le réalisateur. Chez l’entrepreneur de pompes funèbres, des écrans plasma grandeur nature permettent de tester virtuellement la taille d’un cercueil. Et dans la chambre de Mémé, il y a une vieille malle des Indes - une malle de magicien - qui révélera à Armand un monde, son passé, et lui donnera une clé pour son avenir.

Dans la foulée de quelques films récents, "Adieu Berthe" fait notamment une utilisation intelligente et drolatique des textos comme vecteur narratif (une éminente consœur britannique y a vu l’équivalent modéré du chœur antique du théâtre classique). Tel Armand, à qui sa grand-mère a transmis génétiquement son amour de la magie, les frères Podalydès agissent en prestidigitateurs, cachant les ficelles de leur spectacle débridé, mais habilement fabriqué, sans autre prétention que de faire rire.

Réalisation : Bruno Podalydès. Scénario : Bruno et Denis Podalydès. Avec Denis Podalydès, Valérie Lemercier, Isabelle Candelier, Michel Vuillermoz, 1h40.