Le film qui fait (même pas) peur de la semaine

Parfois, on a envie d’aller au cinéma pour se faire peur sans vraiment se faire peur, pour frissonner en sachant que le méchant va bondir des fourrés sur la blonde héroïne. On ne sait pas tout à fait quand il va bondir, mais ça ne va sans doute pas tarder. Et l’on se dit que c’est une chance, tout de même, que l’industrie cinématographique se soit penchée sur ce vœu des plus consensuels : le film à suspense ("tadada" : NdlR, onomatopée du bruit qui fait peur), mais dont on sait comment il va finir - ce qui permet, soit dit en passant, de ne pas se voir plomber la journée avec une fin tragique qui nous aurait pris de court.

A.V.

Parfois, on a envie d’aller au cinéma pour se faire peur sans vraiment se faire peur, pour frissonner en sachant que le méchant va bondir des fourrés sur la blonde héroïne. On ne sait pas tout à fait quand il va bondir, mais ça ne va sans doute pas tarder. Et l’on se dit que c’est une chance, tout de même, que l’industrie cinématographique se soit penchée sur ce vœu des plus consensuels : le film à suspense ("tadada" : NdlR, onomatopée du bruit qui fait peur), mais dont on sait comment il va finir - ce qui permet, soit dit en passant, de ne pas se voir plomber la journée avec une fin tragique qui nous aurait pris de court.

"Gone" est de ce genre-là : il raconte, à grands coups de gros plans tremblotants, l’histoire de Jill, jolie femme un peu paumée qui prétend avoir été enlevée par un sale type (enlèvement sadique, puis séquestration sadique pour aller avec), mais dont personne ne croit au récit. Ni sa sœurette qui a des choses plus importantes à faire qu’être dans l’empathie post-traumatique, ni la police.

Justement : "Que fait la police." Les cops de Portland - qui doivent pourtant être habitués à se colleter avec des méchants, si l’on se réfère à l’esthétique de la ville : lieu de rôdeurs, toujours dans la nuit et sous la pluie, comme si les méchants regardaient au climat pour commettre leurs méfaits -, ont l’air équipé de quelques neurones déconnectés et de bagnoles mal banalisées. Note pour après le visionnage : vérifier le taux réel de criminalité de Portland.

Au total, "Gone", malgré son titre, ne va pas très loin. L’intrigue tient 1h15, et c’est juste assez pour tout le monde. A commencer par Jill qui doit être fatiguée de courir ainsi partout, comme le Petit Poucet, à la recherche des indices menant au méchant, savamment déposés dans son environnement.

Bref, un film idéal pour ceux qui aiment qu’on leur raconte des histoires qui font (presque pas) peur, et enjolivé par la présence d’Amanda Seyfried, héroïne blondinette propre sur elle, qui était mille fois mieux dans "Time Out".

Réalisation : Heitor Dhalia. Avec Amanda Seyfried, J. Carpente 1h15.