Manny, Syd et Diego, à l’abordage !

Dix ans ont passé depuis le premier "Age de glace", signé Chris Wedge et Carlos Saldanha, qui venait concurrencer sur leurs terres les productions Pixar ou Dreamworks. Depuis, la planche à dollars a tourné à plein régime, tandis que le facétieux écureuil Scrat faisait définitivement partie de la culture populaire. Ne possède-t-il pas depuis quelques jours sa statue de cire au musée Grévin ? Il n’y a donc pas de raison de ne pas exploiter le filon jusqu’au bout.

H.H.

Dix ans ont passé depuis le premier "Age de glace", signé Chris Wedge et Carlos Saldanha, qui venait concurrencer sur leurs terres les productions Pixar ou Dreamworks. Depuis, la planche à dollars a tourné à plein régime, tandis que le facétieux écureuil Scrat faisait définitivement partie de la culture populaire. Ne possède-t-il pas depuis quelques jours sa statue de cire au musée Grévin ? Il n’y a donc pas de raison de ne pas exploiter le filon jusqu’au bout.

Heureusement pas jusqu’à la corde ! Ce premier volet sans Wedge ni Saldanha a, en effet, retrouvé un second souffle, sous l’impulsion de Steve Martino et Mike Thurmeier qui avaient déjà réalisé les deux courts métrages "Scrat’s Continental Crack-Up", en 2010 et 2011, qui annonçaient ce 4e épisode en 3D. Toujours à la recherche de son gland, Scrat a, en effet, provoqué un vrai cataclysme : la dérive des continents ! On retrouve donc nos héros, le mammouth Manny, le paresseux Sid et le tigre à dents de sabre Diego, à la dérive sur un iceberg. Accompagnés par la vieille grand-mère de Sid que ses parents lui ont abandonné. Pas facile de retrouver les siens, désormais en quête d’une terre nouvelle, surtout quand on tombe sur le cruel capitaine Gutt (un singe) et sa bande de joyeux pirates. L’occasion d’une galerie de nouveaux personnages tous plus farfelus les uns que les autres, comme l’excellent putois-drapeau (photo) ou la belle lionne des neige Shira (interprétée par Jenifer Lopez). Bref, revoilà du "Ice Age" pur jus. C’est coloré, vivant, drôle, parfois acerbe (sur la vieillesse, notamment).

Si l’on reste admiratif face à l’animation débridée, l’imagination débordante, les petites trouvailles, les petits détails, les multiples clins d’œil, etc., on regrette néanmoins le côté très stéréotypé. A force de vouloir copier "Pirates des Caraïbes", on se retrouve avec un film à l’action permanente et souvent assez répétitive. Tandis que les auteurs se complaisent par moments dans une morale appuyée sur l’amitié et le rôle de la famille, heureusement désamorcée à l’intérieur du film lui-même. "Toute cette guimauve me colle aux dents. Enfin, si j’en avais ", s’amuse la Granny de Sid.

Réalisation : Steve Martino & Michael Thurmeier. Scénario : Michael Berg, Mike Reiss & Jason Fuchs. Avec les voix anglaises de John Leguizamo (Elie Semoun), Ray Romano (Gérard Lanvin), Denis Leary (Vincent Cassel) 1h34.