Bowling

Depuis quelques années se généralise en Europe, et en France en particulier, un genre particulièrement pervers que l’on pourrait intituler "le film de fonds régional". Soit des productions subsidiées par les deniers de collectivités locales. On en a aussi en Belgique, mais si Wallimage, au sud du pays, veille à ce que ces productions fassent bouillir la marmite des techniciens locaux, il n’impose pas encore la promotion touristique de nos vaux et vallées. En France, les régions Rhône-Alpes et Pas-de-Calais s’en sont fait une spécialité. La Bretagne a décidé de s’y mettre, comme en témoigne par l’absurde "Bowling", qui multiplie les plans de carte postale sur la presqu’île où, nous rappelle-t-on, et contrairement aux idées reçues, "il ne pleut que sur les cons".

A.Lo.

Depuis quelques années se généralise en Europe, et en France en particulier, un genre particulièrement pervers que l’on pourrait intituler "le film de fonds régional". Soit des productions subsidiées par les deniers de collectivités locales. On en a aussi en Belgique, mais si Wallimage, au sud du pays, veille à ce que ces productions fassent bouillir la marmite des techniciens locaux, il n’impose pas encore la promotion touristique de nos vaux et vallées. En France, les régions Rhône-Alpes et Pas-de-Calais s’en sont fait une spécialité. La Bretagne a décidé de s’y mettre, comme en témoigne par l’absurde "Bowling", qui multiplie les plans de carte postale sur la presqu’île où, nous rappelle-t-on, et contrairement aux idées reçues, "il ne pleut que sur les cons".

A croire, cependant, qu’on prend pour tel le chaland, à qui l’on vend l’esprit de résistance des Carhaisiens où toute une communauté se mobilise pour sauver le service maternité de l’hôpital local. Noble sujet, quoique dupliquant hypocritement le vieux cliché de la victoire des petits sur les puissants, doublé d’un angle a priori respectable, puisque ce film de terroir est en toute logique porté par des femmes. Là-dessus se greffe une histoire de jeu de boules (comprenez : le bowling) un peu moins couleur locale.

Avec Mathilde Seigner (en sage-femme combative) et Catherine Frot (en DRH parisienne) en tête d’affiche, on aurait même été plutôt bons clients. Le hic, c’est que c’est traité sur le ton crypto-populiste d’un sujet de JT de la mi-journée de TF1 (sans surprise : la chaîne coproduit), aussi étouffe-chrétien à l’écriture qu’un kouign-amann au petit déjeuner. Ou qu’une daube en plat de résistance, dont on sait maintenant qu’elle est également indigeste à la sauce bretonne - la charmante éditrice de "La Libre Culture", fille de Breizh, nous pardonnera

Réalisation et scénario : Marie-Castille Mention-Schaar. Avec : Catherine Frot, Laurence Arné, Firmine Richard et Mathilde Seigner 1h30.