Le Lorax

Thneed-Ville, c’est la ville idéale. Pour les industriels ! Tout est payant, même l’air. En effet, plus rien ne pousse. Tout est métal ou plastique. Et les habitants semblent ravis car dans cette cité, tout roule. Car tout est organisé, planifié, surveillé.

F.Ds

Thneed-Ville, c’est la ville idéale. Pour les industriels ! Tout est payant, même l’air. En effet, plus rien ne pousse. Tout est métal ou plastique. Et les habitants semblent ravis car dans cette cité, tout roule. Car tout est organisé, planifié, surveillé.

Evidemment, certains, plutôt certaines bien sûr, ne sont jamais contentes. Ainsi, la jolie Audrey voudrait un arbre (un quoi ?) et promet son cœur à celui qui en plantera un dans sa cour. Et voilà Ted, gonflé à bloc, prêt à forcer les portes cadenassées de la cité, à s’aventurer dans l’inconnu pour lui trouver un feuillu. Problème, ce n’est que désolation à l’horizon, que souches à perte de vue. Que s’est-il passé ? Ted va rencontrer un ermite, le Gash-pilleur qui va lui raconter jusqu’où peut conduire la cupidité.

Sur le fond, rien à redire, l’ouvrage prémonitoire du Dr Seuss qui, voici quarante ans, pointait, à l’intention des enfants, les dangers de la surconsommation, n’a malheureusement rien perdu de son actualité. Que du contraire, la cupidité est aujourd’hui un idéal politique défendu fièrement par Jean-Luc Dehaene, les frères Happart ou Alain Courtois. C’est même devenu la valeur sportive n°1.

Sur la forme en revanche, on se pose des questions. Après un plaidoyer pour une ville totalement artificielle, clean et surtout très fun, après cette démonstration très astucieuse sur les mirages de la technologie, le réalisateur entend proposer l’image d’un paradis terrestre : une rivière serpentant au milieu d’une forêt d’arbres "barbe à papa" de toutes couleurs "flashy" parmi lesquels gambadent des animaux plus gnangnan que les Bisounours. De quoi susciter des vocations de chasseur ou de bétonneur. Toute cette nature en 3D digitalisée est, pour le coup, plus artificielle que la ville en plastique.

D’ailleurs où est passé le fameux Lorax, le gardien de la forêt ? Disparu dans cette soupe rance qui est à l’écologie ce que McDo est à la diététique. Après un début fracassant, Chris Renaud, un des créateurs de "Moi, moche et méchant", déroule un film où la forme contredit le fond, un film qui brandit le drapeau de l’écologie pour vendre du pop-corn. Il suffit de planter une petite graine et tout s’arrange, par Seuss.

Réalisation : Chris Renaud. Scénario : Cinco Paul, Ken Daurio d’après l’ouvrage du Dr Seuss. Avec les voix de Danny DeVito (VO) / François Berléand (VF), Kev Adams (VO) / Zac Efron (VF) 1h27.