Divorce à la danoise

En Argentine, le superclásico est le match de foot de l’année, l’équivalent d’un Barcelone-Madrid ou d’un Anderlecht-Standard, qui oppose les clubs de Boca Junior et River Plate. L’affrontement au sommet est ici doublé de celui de Christian (Anders W. Berthelsen), un négociant en vin danois, et d’Anna (Paprika Steen), sa femme partie refaire sa vie avec l’étoile montante du Boca. Juan est aussi beau, jeune, sexy, musclé (et fier de l’être) que Christian est enveloppé, vaguement déprimé, un rien austère - quoique l’amateur de bons vins peut se mettre sur la tête au détour d’une rencontre inattendue avec un producteur local de Malbec. Etranger dans une ville et une culture dont il ignore tout - sauf les cépages, donc - Christian tente de renouer le dialogue avec une femme touchée prématurément par le démon de midi. Pour ne rien arranger, leur fils Oscar, petite pousse gothique un rien introverti, tombe sous le charme d’une jolie guide (dont le père garagiste est un toqué de Kierkegaard ).

A.Lo.

En Argentine, le superclásico est le match de foot de l’année, l’équivalent d’un Barcelone-Madrid ou d’un Anderlecht-Standard, qui oppose les clubs de Boca Junior et River Plate. L’affrontement au sommet est ici doublé de celui de Christian (Anders W. Berthelsen), un négociant en vin danois, et d’Anna (Paprika Steen), sa femme partie refaire sa vie avec l’étoile montante du Boca. Juan est aussi beau, jeune, sexy, musclé (et fier de l’être) que Christian est enveloppé, vaguement déprimé, un rien austère - quoique l’amateur de bons vins peut se mettre sur la tête au détour d’une rencontre inattendue avec un producteur local de Malbec. Etranger dans une ville et une culture dont il ignore tout - sauf les cépages, donc - Christian tente de renouer le dialogue avec une femme touchée prématurément par le démon de midi. Pour ne rien arranger, leur fils Oscar, petite pousse gothique un rien introverti, tombe sous le charme d’une jolie guide (dont le père garagiste est un toqué de Kierkegaard ).

On associe plus aisément le cinéma danois aux drames, la faute, notamment, à une certaine tête de Lars (von Trier) qui a fait office en la matière de tête de pont, voire le présent Ole Christian Madsen dont "Prague" ou "Flame&Citron" n’incitaient pas franchement à la rigolade. Mais ceux qui ont vu "Adam’s Apples" (où l’on croisait déjà la bien nommée - car très piquante - Paprika Steen) savent les comédies - fussent-elles noires - venues du froid, tout aussi frontales dans leur développement (voir ici les égards de la (vieille) domestique de Juan vis-à-vis de Christian) et subtilement décalées, n’en sont pas moins savoureuses voire carrément hilarantes. Anders W. Berthelsen offre en la matière une composition rafraîchissante, si loin des sentiers battus pratiqués par ses confrères anglo-saxons ou latins, mais pourtant terriblement expressive et parfaitement calibrée.

Sans abuser de l’exotisme de ses décors, Ole Christian Madsen exploite idéalement l’environnement pittoresque de Buenos Aires et la truculence des autochtones, en se laissant aller à quelques éclairs d’inspirations inattendus (un tango de cafards !). L’intérêt, sinon l’originalité de son film, est précisément de ne pas se concentrer sur l’amère fin d’une histoire, mais les prémices de renouveau - on appréciera à cet égard la justesse délicate des premiers émois entre Oscar et Veronica.

Réalisation et scénario : Ole Christian Madsen. Avec Paprika Steen, Anders W. Berthelsen, Sebastián Estevanez 1h39.