La longue daube de la semaine

On peut reprocher beaucoup de choses à Alexandre Arcady, mais certainement pas de manquer de lucidité. Ainsi, à l’entame du film, une voix off affirme qu’il a son avenir derrière lui et son passé devant lui. On ne peut mieux dire. Et Alexandre Arcady de nous le prouver avec un film comme on n’en fait plus. Comme on ne lave plus son linge à la rivière, comme on n’écrit plus à la plume Sergent-Major, comme on n’envoie plus de télégrammes. Mais Alexandre Arcady continue à filmer comme si la caméra avait encore une manivelle. Il fait du cinéma de grand-papa, mais un grand-papa tâcheron.

F.Ds

On peut reprocher beaucoup de choses à Alexandre Arcady, mais certainement pas de manquer de lucidité. Ainsi, à l’entame du film, une voix off affirme qu’il a son avenir derrière lui et son passé devant lui. On ne peut mieux dire. Et Alexandre Arcady de nous le prouver avec un film comme on n’en fait plus. Comme on ne lave plus son linge à la rivière, comme on n’écrit plus à la plume Sergent-Major, comme on n’envoie plus de télégrammes. Mais Alexandre Arcady continue à filmer comme si la caméra avait encore une manivelle. Il fait du cinéma de grand-papa, mais un grand-papa tâcheron.

Son dogme de base est simple : le spectateur est con. L’avantage, on peut lui raconter n’importe quoi, et Arcady ne s’en prive pas. L’inconvénient, il faut tout lui expliquer; alors, chaque plan a une fonction bien précise. Si un garçon est impressionné par une fille, celle-ci avance subitement au ralenti. Si le personnage est ému, l’acteur fait des yeux de cocker, et la partition met le violon en avant. S’il lui arrive un gros problème, l’orage se met aussitôt à gronder. Pas un cliché ne nous sera épargné, ni un pléonasme d’ailleurs, et le hors-champ est rigoureusement proscrit dans ce qu’il serait plus honnête d’appeler "Algérie, gloire et beauté". Soit une saga familiale, sur fond de grands propriétaires et de guerre coloniale, qui voit le fils du pharmacien coucher - mais sans le savoir - avec la mère de son unique amour pour la vie.

Tous chaussés de gros sabots, aucun acteur n’accable ses camarades en cherchant à sortir du lot - en jouant correctement, par exemple -, non, ils sont tous mauvais, même Anne Consigny. C’est beau la solidarité !

Réalisation : Alexandre Arcady. Scénario : Alexandre Arcady, d’après l’œuvre de Yasmina Khadra. Avec Nora Arnezeder, Fu’ad Ait Aattou, Anne Parillaud 2h39.