Itinéraire d’un enfant gâté

JC, alias Jean-Christophe Kern, est le Justin Bieber du cinéma (c’est Claire Chazal qui le dit) : première Palme d’or à 15 ans, un César à 16, une relation chahutée avec Aure Atika, une autre, secrète, avec Elsa Zylberstein. Tout le monde veut le rôle-titre de son prochain film, "Dutroux in the Rain", de Gilles Lellouche à Kad Merad (tandis que Mélanie Laurent jouera Mélissa ). Un enfant prodige pareil, ça se soigne et ça se suit : une équipe télé a dix jours pour lui tirer le portrait en HD.

A.Lo.

JC, alias Jean-Christophe Kern, est le Justin Bieber du cinéma (c’est Claire Chazal qui le dit) : première Palme d’or à 15 ans, un César à 16, une relation chahutée avec Aure Atika, une autre, secrète, avec Elsa Zylberstein. Tout le monde veut le rôle-titre de son prochain film, "Dutroux in the Rain", de Gilles Lellouche à Kad Merad (tandis que Mélanie Laurent jouera Mélissa ). Un enfant prodige pareil, ça se soigne et ça se suit : une équipe télé a dix jours pour lui tirer le portrait en HD.

Pour son premier film, le comédien Jonathan Zaccaï se prête à un petit jeu de massacre de la branchitude cinéphile et parisienne. Le beau gosse Vincent Lacoste, lunettes fumées EK sur le nez et tignasse en bataille, tel un Godard teenager, est le casting idéal pour incarner le génie suffisant, les autres comédiens jouant pour la plupart leur propre rôle avec un second degré assumé. Revanche ? Les acteurs ont souvent été la cible de satires, plus rarement les réalisateurs qui ne sont pas les derniers pourtant à se croire sortis de la cuisse de Jupiter. Zaccaï s’amuse et se joue d’un microcosme autant professionnel que géographique. Le procédé et le dispositif du faux docu fonctionnent le temps d’un court métrage. Passé ce cap, la mécanique, éculée, tourne à vide, et on finit par s’ennuyer un peu, faute de véritable perspective sur le sujet : un film sur le cinoche sans point de vue, c’est un comble Certains caméos sont sympas (Merad), quelques réparties cinglantes, mais le tout manque d’une véritable consistance et d’un minimum de progression dramatique (ou comique). Reste Lacoste qui tient parfaitement son personnage (Zaccaï a terminé l’écriture de son film en s’inspirant du comédien) et s’impose comme l’authentique surdoué du film.

Réalisation et scénario : Jonathan Zaccaï. Avec Vincent Lacoste, Elsa Zylberstein, Aure Atika, 1h15