Robocup of tea

Hunter ne sait plus quoi faire pour aider Frank, son vieux père qui se laisse aller mais refuse d’intégrer une maison de retraite. Sa solution : le confier à un robot "aide-ménagère". L’action se déroule dans un futur proche, plus précisément au moment où l’on vide les bibliothèques - devenues obsolètes - pour les recycler en centres de convivialité.

F. Ds

Hunter ne sait plus quoi faire pour aider Frank, son vieux père qui se laisse aller mais refuse d’intégrer une maison de retraite. Sa solution : le confier à un robot "aide-ménagère". L’action se déroule dans un futur proche, plus précisément au moment où l’on vide les bibliothèques - devenues obsolètes - pour les recycler en centres de convivialité.

Frank était justement le dernier client la bibliothèque. Et encore ! Difficile de savoir vraiment si c’était Hemingway, Roth ou Salinger qui l’aimantaient là-bas ou plutôt Jennifer, la bibliothécaire. En tout cas, aux yeux du tout nouveau et jeune propriétaire des lieux, Frank est une sorte de fossile, un témoin vivant du temps de l’information imprimée. "Je t’en foutrais moi " , bouillonne Frank, dégoûté du genre humain, au point de préférer la compagnie d’un robot.

De fait, passé le moment, il se demande s’il n’est pas devenu neuneu à discuter le menu de ses repas avec une machine, Frank s’est fait à la présence du robot. "C’est un ami" , dit-il à sa fille à ce point horrifiée par l’initiative de son frère qu’elle plante sa mission humanitaire au Kirghizistan oriental pour venir débrancher l’engin. Trop tard ! Trop horrible ! Frank préfère désormais la présence du robot à celle de sa fille (et pourtant c’est Liv Tyler). C’est que celui-ci lui a rendu quelque chose d’inestimable - qu’il pensait d’ailleurs ne jamais retrouver -, cette chose capable de freiner son vieillissement : la motivation.

C’est le moment d’évoquer le passé professionnel de Frank : cambrioleur spécialisé dans le vol de bijoux. Et de se remettre au boulot, pour le plaisir, en compagnie de son assistant surdoué.

Jake Schreier, au casier filmographique complètement vierge, est l’auteur de cette vraie-fausse comédie policière. Vraie comédie autour d’un monte-en-l’air (aussi vieux que l’expression) qui reprend du service pour le fun, pour s’assurer qu’il n’a pas perdu la main. Fausse comédie, car le film s’interroge, avec humour, sur le vieillissement et la relation entre l’homme et la machine : amie ou ennemie ?

Jusqu’à présent le cinéma avait classé les robots en deux camps, les gentils et les méchants. Jake Schreier démontre que ce temps est révolu, qu’il va falloir introduire de la nuance dans le sujet et de la morale dans l’intelligence artificielle. Et fissa encore, car ces robots ne relèveront plus de la science-fiction bien longtemps.

En attendant, Frank Langella se voit offrir un rôle jubilatoire.

Réalisation : Jake Schreier. Scénario : Christopher D. Ford. Avec : Frank Langella, Susan Sarandon, James Marsden, Liv Tyler 1h25