La belle et le bête

Voilà au moins un film dont le titre annonce les intentions. Le plan parfait, ce n’est pas seulement celui que met en place Isabelle (Diane Kruger) : dans une famille où tous les premiers mariages se sont terminés par un divorce, elle décide, pour réussir celui avec l’homme de sa vie, de convoler une première fois en noces express avec le premier idiot venu, soit Jean-Yves ("mes amis m’appellent Gensive"), chroniqueur pour le "Guide du Routard" à la logorrhée infernale. Le plan parfait, c’est aussi celui du projet lui-même : à la production, Quad, la boîte à qui l’on doit les très populaires et rentables "L’Arnacœur" et "Intouchables" ; à la réalisation, Pascal Chaumeil, qui a signé le premier ; au casting, un couple de cinéma improbable mais bankable : Diane Krueger et Dany Boon - la belle et le bête.

A.Lo.

Voilà au moins un film dont le titre annonce les intentions. Le plan parfait, ce n’est pas seulement celui que met en place Isabelle (Diane Kruger) : dans une famille où tous les premiers mariages se sont terminés par un divorce, elle décide, pour réussir celui avec l’homme de sa vie, de convoler une première fois en noces express avec le premier idiot venu, soit Jean-Yves ("mes amis m’appellent Gensive"), chroniqueur pour le "Guide du Routard" à la logorrhée infernale. Le plan parfait, c’est aussi celui du projet lui-même : à la production, Quad, la boîte à qui l’on doit les très populaires et rentables "L’Arnacœur" et "Intouchables" ; à la réalisation, Pascal Chaumeil, qui a signé le premier ; au casting, un couple de cinéma improbable mais bankable : Diane Krueger et Dany Boon - la belle et le bête.

Alors, parfait le plan ? Trop pour être honnête. Comme dans le scénario, il y a une faille. Sous l’angle "comédie romantique de l’automne", on peut se laisser prendre - mais on va vous confier un secret : une autre arrive, qui sera sans doute autrement plus populaire. Dure loi du marché et des films conçus comme des produits Le hic, ici, est double. Le pitch rappelle celui de "L’Arnacœur" (il s’agit toujours de faire capoter un mariage), mais la sauce prend moins bien : d’un arnacœur à une arnaqueuse, la formule se répète quand même méchamment. L’autre hic, c’est Dany qui fait le Boon, ou plutôt le Bourvil : ça commence à devenir fatigant de le voir décliner son numéro de corniaud au cœur sur la main. La prise de risque, il connaît le garçon ?

A l’inverse, on se laisse charmer par Diane Kruger, qui réussit plutôt bien son examen de comédie - même si l’humour n’est pas toujours des plus subtils (voir la dégustation du plat national kenyan, caricature par ailleurs indélicate sur le fond). Pour le reste, on voyage (beaucoup) par procuration : rencontre sur un vol Paris-Copenhague, plan drague au Kenya, opération divorce à Moscou, conclusion (allez, devinez comment ça se termine ) en Normandie, avec même une scène en apesanteur pour de vrai (et un crochet par Bruxelles dont la maison communale de Saint-Gilles, entre autres, fait office de doublure pour une mairie parisienne). Au final, un produit calibré soit plus plan-plan que parfait.

Réalisation : Pascal Chaumeil. Avec Diane Kruger, Dany Boon 1 h 44.