Mel au pays d’"Oz"

How I Spent My Summer Vacation, "traduit" en France sous le titre un brin plus transparent : Get the Gringo, commence par une poursuite en voiture et un jet frontal de sang au ralenti. Le tout, avec en voix off, Mel Gibson entamant l’histoire d’un braqueur américain, qui, en guise d’échappée belle, ne trouve rien d’autre que de se livrer aux flics mexicains. Lesquels, après avoir fait main basse sur son pactole, l’envoie derechef croupir à El Pueblito, ville-prison régie par l’ordre mafieux de Javi. Le gringo s’adapte assez vite à son nouvel environnement, le temps de tomber sur un gamin dont le père a été tué par Javi mais mystérieusement protégé par ce dernier. Mais l’étau se resserre vite sur lui, entre les hommes de main de Javi et ceux de Frank, à qui il a dérobé ses millions. Mel Gibson, sorti de dépression, a coproduit et coécrit ce film noir au parfum de tacos. Passé la description plutôt édifiante du microcosme carcéral - ville complète, avec femmes, enfants, prostituées, classes sociales, casino et bloc opératoire -, le scénario recycle les motifs connus du gangster au grand cœur aux ressorts darwiniens : c’est un Yanke e, donc forcément plus malin que les Chicanos qui l’entourent et qui ont pourtant créé leur propre ordre social. Au passage, comme dans le récent "Savages" d’Oliver Stone, le regard complaisant porté sur la torture endémique pratiquée par les gangs laisse un goût amer - d’autant qu’on ne peut s’empêcher d’y percevoir aussi quelques relents de racisme, au minimum inconscient.

A.Lo.

How I Spent My Summer Vacation, "traduit" en France sous le titre un brin plus transparent : Get the Gringo, commence par une poursuite en voiture et un jet frontal de sang au ralenti. Le tout, avec en voix off, Mel Gibson entamant l’histoire d’un braqueur américain, qui, en guise d’échappée belle, ne trouve rien d’autre que de se livrer aux flics mexicains. Lesquels, après avoir fait main basse sur son pactole, l’envoie derechef croupir à El Pueblito, ville-prison régie par l’ordre mafieux de Javi. Le gringo s’adapte assez vite à son nouvel environnement, le temps de tomber sur un gamin dont le père a été tué par Javi mais mystérieusement protégé par ce dernier. Mais l’étau se resserre vite sur lui, entre les hommes de main de Javi et ceux de Frank, à qui il a dérobé ses millions. Mel Gibson, sorti de dépression, a coproduit et coécrit ce film noir au parfum de tacos. Passé la description plutôt édifiante du microcosme carcéral - ville complète, avec femmes, enfants, prostituées, classes sociales, casino et bloc opératoire -, le scénario recycle les motifs connus du gangster au grand cœur aux ressorts darwiniens : c’est un Yanke e, donc forcément plus malin que les Chicanos qui l’entourent et qui ont pourtant créé leur propre ordre social. Au passage, comme dans le récent "Savages" d’Oliver Stone, le regard complaisant porté sur la torture endémique pratiquée par les gangs laisse un goût amer - d’autant qu’on ne peut s’empêcher d’y percevoir aussi quelques relents de racisme, au minimum inconscient.

La mise en scène d’Adrian Grunberg - factotum de Gibson qui fut son premier assistant-réalisateur sur "Apocalypto" - se résume, en gros, à suivre sa star-démiurge en gros plans et à (mal) filmer au ralenti les scènes de règlements de comptes, réminiscence poussive du cinéma de Sam Peckinpah. On notera pour mémoire que le directeur de la photographie est le Belge Benoît Debie.

Réalisation : Adrian Grunberg.Avec : Mel Gibson, Kevin Hernandez,Dolores Heredia, 1h36