Fable noire

L’idée de départ de "Trois mondes" de Catherine Corsini est simple, forte et prometteuse. Un soir, Al (Raphaël Personnaz), de retour de virée avec deux amis, renverse un homme. Panique : le chauffard prend la fuite. A la veille de se marier avec la fille de son patron et de reprendre le garage prospère de celui-ci, Al n’ose se dénoncer. Mais il cherche à savoir ce qu’il est advenu de sa victime. Autour de cette culpabilité née d’une erreur de jugement, il y avait en soi un grand récit dramatique. Mais Catherine Corsini a chargé la barque. La victime de l’accident est un sans-papiers. Si cette sous-intrigue permet de retrouver à l’écran Arta Dobroshi (la Lorna des Dardenne), sa dimension vénale prend un tour si unilatéral et caricatural qu’elle annule l’éventuelle intention de dénoncer les injustices subies par ce "monde"-là.

A.Lo.

L’idée de départ de "Trois mondes" de Catherine Corsini est simple, forte et prometteuse. Un soir, Al (Raphaël Personnaz), de retour de virée avec deux amis, renverse un homme. Panique : le chauffard prend la fuite. A la veille de se marier avec la fille de son patron et de reprendre le garage prospère de celui-ci, Al n’ose se dénoncer. Mais il cherche à savoir ce qu’il est advenu de sa victime. Autour de cette culpabilité née d’une erreur de jugement, il y avait en soi un grand récit dramatique. Mais Catherine Corsini a chargé la barque. La victime de l’accident est un sans-papiers. Si cette sous-intrigue permet de retrouver à l’écran Arta Dobroshi (la Lorna des Dardenne), sa dimension vénale prend un tour si unilatéral et caricatural qu’elle annule l’éventuelle intention de dénoncer les injustices subies par ce "monde"-là.

Le troisième monde du titre est celui de Juliette (Clothilde Hesme), témoin de l’accident, qui a aperçu Al. Par un jeu de coïncidences trop artificielles pour qu’on y croie, les deux personnages finissent par se rencontrer. Corsini nous impose alors un suspense de film noir ainsi qu’un mélodrame sentimental hors de propos.

S’ajoute encore un chantage crapuleux. De couche en couche, la fable perd sa substance morale et philosophique. Restent les acteurs, au premier rang desquels Raphaël Personnaz dont l’incarnation de la culpabilité laisse entrevoir ce que "Trois Mondes" aurait pu être sous une forme plus séminale. Au diapason, Clothilde Hesme, Arta Dobroshi et Reda Kateb donnent le meilleur.

Réalisation et scénario : Catherine Corsini. Avec Raphaël Personnaz, Clothilde Hesme, Arta Dobroshi 1h40.