Créance de sang

Son compagnon, dealer, est mort lors d’une intervention policière. Son père est en prison depuis qu’elle a 7 ans. Elle-même a été condamnée à une peine ferme pour avoir agressé un policier. Ombline, c’est un de ces cas qui font de la surpopulation carcérale une spirale infernale. Et comme si ça ne suffisait pas, Ombline, dès les premiers jours de son incarcération découvre qu’elle est enceinte.

A.Lo.

Son compagnon, dealer, est mort lors d’une intervention policière. Son père est en prison depuis qu’elle a 7 ans. Elle-même a été condamnée à une peine ferme pour avoir agressé un policier. Ombline, c’est un de ces cas qui font de la surpopulation carcérale une spirale infernale. Et comme si ça ne suffisait pas, Ombline, dès les premiers jours de son incarcération découvre qu’elle est enceinte.

Stéphane Cazes s’attaque à sujet rarement exposé : la maternité en prison. Il y a des femmes qui accouchent durant leur peine, mais ce qu’on sait moins, c’est que leur enfant les accompagne durant leur première semaine. Un prisonnier juvénile, malgré lui et qui n’a jamais été condamné. Un détenu par cooptation, en somme. Une peine de sang. Pour Ombline, jeune femme en colère, la situation est insupportable. Comment faire dormir le petit quand hurlent toute la nuit durant les autres détenus ? Comment résister à la lenteur administrative ? Comment faire quand on n’a pas de famille pour faire sortir le petit régulièrement ? Comment envisager de le confier à une famille d’accueil, des inconnus ?

Plusieurs choix sont pertinents et intéressants. Notamment celui de toujours rester du point de vue d’Ombline. On reste en permanence avec elle. Ce qui se passe ou se dit en dehors de sa présence est laissé hors champs.

Rigueur pervertie par une structure et un montage sombrant eux, parfois, dans la facilité. On a ainsi la gradation révolte/prise de conscience/tempérance/écueil inattendu/happy end caractéristique de n’importe quel cinéma formaté. Bien qu’il s’en défende, le réalisateur ne réussit pas, au final, à se départir d’un certain manichéisme - la matonne peau de vache, la codétenue machiavélique, la famille d’accueil bonne comme du bon pain. La réalité recèle certainement des personnages de ce type, mais le prisme déformant de la dramatisation les confine par instant à la caricature.

Pour sauver le film, il y a toutefois la composition de Mélanie Thierry, parfaite en jeune mère détenue, passant de la colère à la tendresse, de l’espoir au désespoir.

Réalisation et scénario : Stéphane Cazes. Avec : Mélanie Thierry, Nathalie Becue, Catherine Salée, Corinne Masiero 1h35.

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