Guerre au crime

La guerre est finie. 1946, les vétérans américains sont de retour au pays et certains ont intégré le Los Angeles Police Department tandis que Mickey Cohen fait main basse sur le crime organisé de la Cité des Anges. Au choix, et selon vos centres d’intérêts, ça vous rappellera les romans de James Ellroy, la meilleure adaptation de ceux-ci au cinéma, "L.A. Confidential" voire même le récent jeu vidéo "L.A. Noire", dont on reconnaît les décors urbains emblématiques encore existants. Mais c’est aussi le précepte de départ de "Gangster Squad", qui fait une grosse tambouille de fast-food avec toutes ces références, en nous le vendant comme "inspiré" d’une histoire vraie. Difficile, toutefois, d’y croire. Dès la première scène, le sergent O’Mara (Josh Brolin) fait tout seul une descente dans un claque de la bande à Cohen, dégomme une demi-douzaine de patibulaires tout seul, pour sauver une jeune oie blanche en détresse. Deux scènes plus loin, le chef Parker (Nick Nolte, en passe de devenir aussi gros que Gégé Depardieu) lui demande de sa voix (forcée) de stentor de mener une guerre clandestine contre le crime organisé. Encore une scène, et O’Mara recrute, contre toute évidence historique, un cow-boy (Robert Patrick), un Black (Anthony Mackie), un Hispano (Michael Peña) et un électronicien (Giovanni Ribisi) pour créer son unité antigang. En face, Mickey Cohen (Sean Penn, plus croque-mitaine que terrifiant) règne sur une armée de sadiques aux gueules de dégénérés, la belle Grace Faraday (Emma Stone, trop jeune ou trop innocente pour le rôle) au bras. Laquelle femme fatale retombera dans le bon lit, celui de Jerry Wooters (Ryan Gosling), flic individualiste qui va se trouver une bonne raison de partir en croisade.

A.Lo.

La guerre est finie. 1946, les vétérans américains sont de retour au pays et certains ont intégré le Los Angeles Police Department tandis que Mickey Cohen fait main basse sur le crime organisé de la Cité des Anges. Au choix, et selon vos centres d’intérêts, ça vous rappellera les romans de James Ellroy, la meilleure adaptation de ceux-ci au cinéma, "L.A. Confidential" voire même le récent jeu vidéo "L.A. Noire", dont on reconnaît les décors urbains emblématiques encore existants. Mais c’est aussi le précepte de départ de "Gangster Squad", qui fait une grosse tambouille de fast-food avec toutes ces références, en nous le vendant comme "inspiré" d’une histoire vraie. Difficile, toutefois, d’y croire. Dès la première scène, le sergent O’Mara (Josh Brolin) fait tout seul une descente dans un claque de la bande à Cohen, dégomme une demi-douzaine de patibulaires tout seul, pour sauver une jeune oie blanche en détresse. Deux scènes plus loin, le chef Parker (Nick Nolte, en passe de devenir aussi gros que Gégé Depardieu) lui demande de sa voix (forcée) de stentor de mener une guerre clandestine contre le crime organisé. Encore une scène, et O’Mara recrute, contre toute évidence historique, un cow-boy (Robert Patrick), un Black (Anthony Mackie), un Hispano (Michael Peña) et un électronicien (Giovanni Ribisi) pour créer son unité antigang. En face, Mickey Cohen (Sean Penn, plus croque-mitaine que terrifiant) règne sur une armée de sadiques aux gueules de dégénérés, la belle Grace Faraday (Emma Stone, trop jeune ou trop innocente pour le rôle) au bras. Laquelle femme fatale retombera dans le bon lit, celui de Jerry Wooters (Ryan Gosling), flic individualiste qui va se trouver une bonne raison de partir en croisade.

Ruben Fleischer, réalisateur du plutôt savoureux "Zombieland", filme à côté de la plaque. On ne sait ce qui est le pire : ses effets de ralenti et de montage sur les (nombreuses) scènes d’action qui sont totalement anachroniques, le rendu toc de reconstitutions à grands frais du L.A. d’après-guerre pourtant tournées en décors réels, le scénario convenu et incohérent (O’Mara tient ses briefings secrets en pleine rue) ou voir des acteurs de la trempe de Sean Penn, Josh Brolin ou Ryan Gosling se dépêtrer avec des personnages caricaturaux et des dialogues creux. "Gangster Squad" ne se hisse jamais au niveau de ses trop évidents modèles ("Les Incorruptibles", "L.A. Confidential"), pâle imitation d’un genre qui, bien que codifié, ne demandait pas moins à être sublimé.

Réalisation : Ruben Fleischer. Avec : Sean Penn, Josh Brolin, Ryan Gosling, Emma Stone, 1h53