Un homme et un homme

Pour ces deux-là, l’histoire a commencé comme celle de beaucoup d’autres : un soir, au café, au hasard d’une beuverie. L’un était de sortie avec des potes, l’autre servait au bar. La gueule de bois aidant, Paulo (Matila Malliarakis) a terminé dans l’appartement d’Ilir (Guillaume Gouix), mais il en faudra un peu plus avant que l’amour se consomme. Début de relation, peut-être de passion, brusquement interrompue après la première promesse d’engagement lorsqu’Ilir ne revient pas d’un voyage à Paris. Fatalité qui bouscule le parcours et inversera pratiquement les rôles, entre le sûr de lui et l’inconséquent.

A.Lo.

Pour ces deux-là, l’histoire a commencé comme celle de beaucoup d’autres : un soir, au café, au hasard d’une beuverie. L’un était de sortie avec des potes, l’autre servait au bar. La gueule de bois aidant, Paulo (Matila Malliarakis) a terminé dans l’appartement d’Ilir (Guillaume Gouix), mais il en faudra un peu plus avant que l’amour se consomme. Début de relation, peut-être de passion, brusquement interrompue après la première promesse d’engagement lorsqu’Ilir ne revient pas d’un voyage à Paris. Fatalité qui bouscule le parcours et inversera pratiquement les rôles, entre le sûr de lui et l’inconséquent.

Premier film à 36 ans du scénariste David Lambert, "Hors les murs" est un premier essai inégal mais où affleurent diverses qualités. On retient la toile de fond communautaire, assumée sans être un argument narratif ou un manifeste. Et si Lambert assume de caractériser ses personnages par certains traits qui apparaîtront bizarrement relever du cliché de l’homosexuel que se font les hétéros, c’est son choix. Guillaume Gouix est une force du film, qui compose un Ilir parfait et touchant, d’un naturel confondant. Le bât blesse plus du côté de Matila Malliarakis, dont le jeu trop affecté renforce l’agacement que pourra susciter son personnage de jeune gay inconstant et égoïste. A contrario, David Salles, dans un second rôle flirtant avec les stéréotypes, trouve à chaque fois le ton et le geste sûr, qui donnent à Grégoire une épaisseur rugueuse malgré la brièveté de ses apparitions.

Étrangement, c’est sous sa casquette de réalisateur que David Lambert a fait ses meilleurs choix, tranchés sans être radicaux, notamment quand le récit bascule et que la relation entre Paulo et Ilir se redéfinit. Dans la sobriété de leurs échanges et de leurs retrouvailles se révèle le meilleur de son écriture et de sa mise en scène, sur lesquelles on attendra un deuxième opus pour se prononcer définitivement.

Réalisation et scénario : David Lambert. Image : Mathieu Poirot Delpech. Montage : Hélène Girard. Avec Guillaume Gouix, Matila Malliarakis, Mélissa Désormeaux Poulin, David Salles, 1h38