Une comédie post romantique

Patrick a pété les plombs, grave. Quand il a trouvé sa femme avec un collègue sous la douche, il s’est senti devenir Norman Bates. Heureusement, pas de couteau à proximité. Mais voilà tout de même huit mois qu’il est en traitement en hôpital psychiatrique.

Une comédie post romantique
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F.Ds

Patrick a pété les plombs, grave. Quand il a trouvé sa femme avec un collègue sous la douche, il s’est senti devenir Norman Bates. Heureusement, pas de couteau à proximité. Mais voilà tout de même huit mois qu’il est en traitement en hôpital psychiatrique.

Aujourd’hui, sa maman le ramène à la maison à la surprise du père qui n’était pas au courant. De toute façon, l’équipe de football américain de Philadelphie est son unique sujet de préoccupation. Son fils, lui aussi, a une idée fixe : retrouver sa vie d’avant, sa femme, son boulot, sa maison. Mais son épouse, il ne peut l’approcher à moins de 200 mètres.

Patrick a accepté toutes les conditions de sortie, sauf une : prendre ses médicaments. Il veut garder les idées claires, ne pas être complètement amorti. Le problème, c’est que sans médicament, l’émotion peut l’envahir et le submerger rapidement comme un tsunami.

Mais comment penser à autre chose quand on a une idée fixe ? "Il faut mettre en place une stratégie", lui répète inlassablement son psy. Patrick ne voit pas comment, alors qu’elle crève les yeux du spectateur : la stratégie s’appelle Tiffany, la belle-sœur de son meilleur ami. Elle aussi est à la masse depuis que son mari est mort dans un accident de la route.

"Silver Linings Playbook" est ce qu’on pourrait appeler une comédie postromantique. Le réalisateur David O’Russell entend aborder un sujet grave - la maladie mentale -, mais dans le cadre d’une comédie romantique. Son désir est-il d’apporter une certaine légèreté dans le traitement d’un sujet lourd ? Le problème, c’est que la comédie est déjà pesante avec ses vieux ressorts en fonte et sa psychologie de comptoir.

Bradley Cooper y a vu l’opportunité de décrocher un oscar : jouer un malade est généralement une stratégie payante. D’ailleurs, il est nominé pour son interprétation d’un bipolaire. Avec une certaine application au début, mais la comédie romantique faisant office de traitement, il n’est plus guère maniaque ni dépressif. En tout cas, cela ne semble pas grave, douloureux ou handicapant. Force est de constater que de "L’agence tous risques" à "The Words", Bradley Cooper semble toujours un peu court. Ce n’est que bourré ou avec la gueule de bois qu’il est vraiment convaincant. Il faut dire aussi que sa partenaire, Jennifer Lawrence, prend tout l’écran, impose une formidable présence dans son rôle récurrent de jeune femme de caractère en acier wallon. Mais la diversification s’impose sous peine d’un scénario à la Arcelor- Mittal. L’oscar qu’elle vient de remporter pour ce rôle devait l’aider.


Réalisation, scénario : David 0’Russel. Avec Bradley Cooper, Jennifer Lawrence, Robert DeNiro, Chris Tucker 2 h 02.


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