Efira: 20 ans d’écart, ça rime avec cougar

Le chignon bien serré, le tailleur bien ajusté, l’humeur bien cassante, Alice est une chieuse de compétition dans sa dernière ligne droite vers le fauteuil de rédac' chef d’un magazine féminin. Sauf que son patron se rend compte qu’elle a de moins en moins le profil pour diriger "Rebelle".

Efira: 20 ans d’écart, ça rime avec cougar
©Magali Bragard / Victory
F.Ds

Le chignon bien serré, le tailleur bien ajusté, l’humeur bien cassante, Alice est une chieuse de compétition dans sa dernière ligne droite vers le fauteuil de rédac' chef d’un magazine féminin. Sauf qu’au-delà de sa puissance de travail, son patron se rend bien compte qu’elle a de moins en moins le profil pour diriger "Rebelle". C’est qu’elle est aussi rebelle que Magnette est bourgmestre de Charleroi.

Toutefois, elle non plus n’est pas du genre à laisser tomber un mandat, elle est aussi du style à savoir profiter de la moindre opportunité. Et, notamment, d’un étudiant en archi ayant retrouvé sa clé USB, afin de se faire passer pour une femme cougar. Une rebelle dans son genre.

Un scénario de comédie romantique, c’est balisé comme une entrée d’autoroute, il y a autant de clichés que de panneaux de signalisation, on ne risque pas de se perdre en chemin. Guidé par GPS, le récit se dirige exactement vers l’endroit prévu, en passant par les étapes traditionnelles : séduction - séparation - réconciliation. On sait donc très précisément où l’on va, sans d’ailleurs jamais s’intéresser au paysage qu’on traverse. Le thème de la femme cougar, c’est juste un décor qui ne fait l’objet d’aucun point de vue, ni féminin ni masculin.

Le film n’est cependant pas sans qualité. Du côté des acteurs, Virginie Efira rugit dans son rôle, et en quelques films, Pierre Niney a imposé un charme et un métier appris sur la scène de la Comédie-Française. Les seconds rôles sont soignés, certaines scènes bien troussées, dont celle du photo shoot. Ce sont d’ailleurs ces qualités qui font regretter le manque de travail autour du scénario. Ici et là, on voit des idées de comédie et qui auraient mérité d’être travaillées, poussées beaucoup plus loin. Le final, par exemple, se construit sur une belle métaphore architecturale qui s’arrête en chemin, au premier étage, au premier niveau. Celui d’un bon téléfilm.

Réalisation, scénario : David Moreau. Avec Virginie Efira, Pierre Niney, Charles Berling 1h32.