Grosse fatigue

Cinq ans après "En cloque, mode d’emploi", Judd Apatow s’attaque à la crise de la quarantaine. Ce n’est plus le beau fixe entre Debbie (Leslie Mann) et Pete (Paul Rudd) : sexe triste, les adolescentes, Charlotte et Sadie, en crise, celle du disque qui rattrape le business de Pete, des (beau-)parents intrusifs ou absents

A.Lo.

Cinq ans après "En cloque, mode d’emploi", Judd Apatow s’attaque à la crise de la quarantaine. Ce n’est plus le beau fixe entre Debbie (Leslie Mann) et Pete (Paul Rudd) : sexe triste, les adolescentes, Charlotte et Sadie, en crise, celle du disque qui rattrape le business de Pete, des (beau-)parents intrusifs ou absents

Moins acide qu’on ne pourrait l’attendre de la part d’Apatow, ce "mode d’emploi" est surtout une chronique douce-amère qui sent, en partie, le vécu - sentiment renforcé quand on sait que Leslie Mann est la femme du réalisateur et que les deux ados du film leurs vraies filles. De là à s’extasier pendant deux (longues) heures sur des tracas qui semblent quand même très éloignés de ceux du commun des Pékinois (Pete doit hypothéquer sa grande maison de Beverly Hills pour sauver son label : houu !... angoisse. Debbie veut se refaire la poitrine : ouah !... la crise existentielle. Pete a un furoncle mal placé : bouh !... scène hautement scatologique). Plus apathique qu’Apatow, le scénario se traîne, version politiquement correcte et sans rythme d’un "Californication", nappé d’une B.O. de rock FM, redondante à force de se vouloir signifiante. Le seul moment de grâce du film - le pétage d’un plomb d’une mère de famille incarnée par Melissa McCarthy - est si bon, qu’Apatow a remis la prise dans son intégralité dans le générique de fin. Pour nous montrer le film qu’on a raté ?

Réalisation et scénario : Judd Apatow. Avec Leslie Mann, Paul Rudd, Mega Fox, 2h14.