Carton espagnol

Tad l’explorateur" est le représentant d’un cinéma d’animation européen qui consiste à réaliser sur le continent, et à des coûts compétitifs, des productions "à l’américaine". Rien, formellement, ne distingue ce film d’animation espagnol en synthèse 3D de ces équivalents d’outre-Atlantique. Sans atteindre l’excellence des productions Disney ou DreamWorks, il les singe suffisamment pour qu’un public non averti s’y laisse prendre.

A.Lo.

Tad l’explorateur" est le représentant d’un cinéma d’animation européen qui consiste à réaliser sur le continent, et à des coûts compétitifs, des productions "à l’américaine". Rien, formellement, ne distingue ce film d’animation espagnol en synthèse 3D de ces équivalents d’outre-Atlantique. Sans atteindre l’excellence des productions Disney ou DreamWorks, il les singe suffisamment pour qu’un public non averti s’y laisse prendre.

De même, l’histoire recycle à tout-va la figure d’Indiana Jones. Au moins, le fait-elle ouvertement, puisque Tad, (anti-)héros du film, est un maçon fasciné par le personnage de fiction créé par Steven Spielberg et George Lucas. Le hasard va l’amener à se retrouver pour de bon sur la piste d’une cité inca perdue, à la suite d’une belle exploratrice, elle-même à la recherche de son père.

C’est sans originalité, mais efficace pour le jeune public visé. Reconnaissons même à Enrique Gato et son équipe une qualité dans l’animation et les rendus, largement supérieurs ici à ce que l’on peut encore trop souvent voir sortir de studios européens, travaillant à coûts et équipes réduits.

Cette facture mondialisée, associée à un brin de chauvinisme culturel, explique sans doute le carton du film en Espagne (près de 3 millions de spectateurs). De là à crier au génie, il y a un pas. Mais comme on ne prête qu’aux riches, on risque fort de voir se multiplier les avatars de Tad plus que ceux de Pinocchio. Ce n’est peut-être pas cette exception culturelle là que cherchaient ceux qui ont contribué à mettre sur pied l’industrie européenne du cinéma d’animation. Mais ceci est un autre débat.

Réalisation : Enrique Gato. Scénario : Javier López Barreira. 1h31.