Dernier refrain pour la route

Une chanson pour ma mère. Le pitch est déjà dans le titre. Maman revient de l’hôpital finir ses jours à la ferme. Trois, quatre jours, maximun. Ses quatre enfants éparpillés se sont rassemblés, non sans mal.

F.Ds
Dernier refrain pour la route
©D.R.

Une chanson pour ma mère. Le pitch est déjà dans le titre. Maman revient de l’hôpital finir ses jours à la ferme. Trois, quatre jours, maximun. Ses quatre enfants éparpillés se sont rassemblés, non sans mal. Dans la tête de l’unique petite-fille de la famille, une seule question : "Qu’est-ce qui ferait plaisir à bonne-maman ?" Voir Dave en concert ! Elle a chanté ses chansons toute sa vie, collationné tous les articles, encadré ses photos sur les murs de la maison. Et justement, Dave passe à Libramont. Mais dans son état, en phase terminale, c’est impossible. Si on ne peut pas aller à Dave, Dave viendra à nous, se dit la gamine.

Et de mobiliser père, mère et ses trois oncles à son idée. Elle est bien belle, mais on n’approche pas Dave comme cela. Et même si l’un accepte de marcher sur sa fierté et l’autre de forcer son culot, l’entreprise semble compromise. Quand la fille prend l’initiative de se mettre au volant du mobile home géant, et de le conduire - avec son chanteur à l’intérieur -, jusqu’à la ferme.

Voilà un scénario bien lancé, mais il ne va pas tenir la route. Joël Franka offre néanmoins un téléfilm sympa. Pourquoi un téléfilm ? Parce qu’il ne parvient pas à s’arracher du premier niveau, à donner de la substance au récit. C’est que le scénario s’égare dans des péripéties aussi foireuses que peu crédibles, et surtout fâcheuses quand on entend maintenir un semblant de réalisme.

"Une chanson pour ma mère" s’inscrit dans ce nouveau courant de comédie du cinéma belge qui a fait du camping-car son emblème. Comme "Mobile home" et "Torpedo", il s’interroge sur la notion de famille. Très superficiellement cependant. Le père n’est jamais évoqué, et aucun des quatre enfants ne semble prendre ombrage de voir davantage de photos de Dave que d’eux-mêmes tapisser les murs de la maison familiale.

Le scénario aurait mérité d’être travaillé davantage, car on y trouve de bonnes idées, dont celle du moine qui a fait vœu de silence et apporte une tension originale (parlera - parlera pas ?) .

La direction d’acteurs est, elle, aussi confuse. Le meilleur - Dave dans la scène du climax - côtoie le pire, Patrick Timsit qui se croit dans une comédie franchouillarde. A sa décharge, il a hérité de toutes les scènes qui plombent le film. De toute façon, chaque acteur semble jouer dans un film différent : est-ce là le concept de la comédie ardennaise ?

Réalisation : Joël Franka. Scénario : Joël Franka, Benoît Mariage, Gladys Marciano. Avec Patrick Timsit, Sylvie Testud, Dave, Fabrizio Rongione, Guy Lecluyse, Renaud Rutten, Sam Louwyck, Mathilde Goffart 1h30.