La daube de la semaine

Vous pouvez me garder mon fils, je reviens dans une heure." Mais une heure plus tard, la femme de ménage n’est pas revenue. Le soir, non plus. Son téléphone est sur messagerie, et puis... n’est plus attribué.

F.Ds

Vous pouvez me garder mon fils, je reviens dans une heure." Mais une heure plus tard, la femme de ménage n’est pas revenue. Le soir, non plus. Son téléphone est sur messagerie, et puis... n’est plus attribué.

Voilà comment Adeline, une hôtesse de l’air, se retrouve avec un petit Chinois - qui ne pipe pas un mot de français - sur les bras. Passer au commissariat, c’est probablement mettre la police sur la trace d’une clandestine. Si on la retrouve, c’est le charter. Et si on ne la retrouve pas, le gamin sera bon pour l’orphelinat. Comment Adeline, toujours entre deux avions, hostile à toute idée d’attachement depuis qu’elle a perdu mari et enfant dans un accident, va-t-elle se débrouiller ?

Déjà, elle n’est pas toute seule. Elle peut compter sur sa sœur, sur sa nièce, sur la coiffeuse, malheureusement pas vraiment sur le scénariste. Il s’est contenté de la première idée, en se disant : "Plus c’est gros, plus ça passe." Et d’ajouter : "Si on a inventé les grosses ficelles, c’était pour s’en servir." L’important est bien de les dissimuler au moyen du charme d’Alice Taglioni et de Virginie Efira, par exemple.

Même la réalisatrice Lea Fazer - qui retrouve l’interprète de son meilleur film, "Notre univers impitoyable" - ne semble pas très concernée par ce récit qu’elle met en scène paresseusement. Sauf un point précis, les coiffures. Certes, c’est l’histoire d’une femme qui veut rendre un enfant à sa mère, mais c’est aussi le portrait d’une femme qui ne défait jamais ses cheveux. Les chignons, les mèches, les boucles, les brushings, les colorations; le film semble vouloir nous initier au langage capillaire. Si on a bien compris - avec le bruit du sèche-cheveux, c’est pas évident -, il existe un chemin qui conduit à la racine d’un individu sans s’encombrer d’un scénario qui les coupe en quatre.

Réalisation: Léa Fazer. Scénario : Léa Fazer et Benoît Graffin, d’après l’œuvre de Ayelet Menahemi et Shemi Zarhin. Avec Alice Taglioni, Virginie Efira, Mehdi Nebbou, Scali Delpeyrat 1h 38.