Dans la machine à remonter le temps

A la réunion de rédaction du "Seattle Magazine", les sujets originaux ne se bousculent pas. Quand un rédacteur propose une enquête sur une petite annonce pas banale : "Cherche partenaire pour m’accompagner dans une machine à remonter le temps. Safety not guaranteed."

F.Ds

A la réunion de rédaction du "Seattle Magazine", les sujets originaux ne se bousculent pas. Quand un rédacteur propose une enquête sur une petite annonce pas banale : "Cherche partenaire pour m’accompagner dans une machine à remonter le temps. Safety not guaranteed."

Forcément, la redac' chef trouve l’idée excitante et notre baroudeur d’emmener avec lui deux assistants : une débutante franchement renfermée et un stagiaire carrément coincé. Il va pouvoir les impressionner.

En route pour un bled posé sur la route qui longe le Pacifique. Guet devant le bureau de poste afin de repérer qui vient relever le courrier de la boîte postale 91. Un employé de l’épicerie, en l’occurrence, assez particulier, si on en croit sa façon de réassortir les rayons. Notre reporter lui propose ses services, mais se fait éconduire aussi sec. Sur ce, la stagiaire prend subtilement le relais, approche l’individu en douceur et s’implique - au-delà de toute déontologie professionnelle - dans l’entraînement et sa construction d’un véhicule spatio-temporel.

Ce n’est pas la première fois que le cinéma propose de s’embarquer dans une machine à remonter le temps. Mais rarement, on aura vu un engin aussi peu technologiquement développé. A l’évidence, le film est fauché, mais dispose néanmoins de deux vaisseaux.

D’une part, le reporter avait un agenda caché, la petite annonce n’était qu’un prétexte pour se rendre dans ce bled, celui de son premier amour; de quoi se catapulter 20 ans en arrière. D’autre part, l’autre appareil est destiné à sauver le premier flirt de notre épicier, disparue dans un accident. Toutefois, sa construction apparaît chaque jour un peu plus superflue dans la mesure où le courant passe de mieux en mieux avec sa nouvelle partenaire. Est-il dès lors vraiment nécessaire d’aller rechercher ce fantôme ?

Pour les uns comme pour les autres, la machine à remonter le temps renvoie à l’adolescence quand la passion était intense et les sentiments infinis. Le film de Colin Trevorrow a, lui, le charme sympathique de la débrouille adolescente.

Réalisation : Colin Trevorrow. Scénario : Derek Connolly ? Avec Audrey Plaza, Mark Duplass, Jake Johnson, Karan Sioni 1h26.