L’autre guerre des étoiles

Toujours aussi tête de mule, le capitaine Kirk est relevé de ses fonctions pour avoir sauvé la vie de Spock au lieu de suivre les procédures imposées par le règlement. Son siège de commandant de l’Enterprise lui est cependant rapidement rendu. L’Amirauté est décimée par Khan, un surhomme capable de se régénérer à l’infini depuis plus de 300 ans. Kirk reçoit pour mission de le tuer avec de nouveaux missiles top secret. Mais le fugitif s’est réfugié chez les Klingons. Le moindre faux pas, et c’est la guerre assurée.

Patrick Laurent

Toujours aussi tête de mule, le capitaine Kirk est relevé de ses fonctions pour avoir sauvé la vie de Spock au lieu de suivre les procédures imposées par le règlement. Son siège de commandant de l’Enterprise lui est cependant rapidement rendu. L’Amirauté est décimée par Khan, un surhomme capable de se régénérer à l’infini depuis plus de 300 ans. Kirk reçoit pour mission de le tuer avec de nouveaux missiles top secret. Mais le fugitif s’est réfugié chez les Klingons. Le moindre faux pas, et c’est la guerre assurée.

En 2009, J.J. Abrams était parvenu à renouveler la saga Star Trek en explorant la jeunesse mouvementée du capitaine Kirk et celle, bien trop raisonnable, de Spock. Le côté tête brûlée de l’un et premier de classe de l’autre apportait de la fraîcheur à l’intrigue, une insolence bienvenue.

Dans ce deuxième opus, étrangement intitulé Into darkness sans qu’on explore pour autant la face sombre des héros, les présentations sont faites. J.J. Abrams en profite pour foncer plus rapidement au cœur de l’action. En suivant les recettes hollywoodiennes qui ont fait leurs preuves : des courses-poursuites haletantes, des bagarres, des explosions et du grand spectacle.

Visuellement, le résultat impressionne. Notamment, lors de la chute d’un vaisseau sur Terre : incapables d’arrêter l’énorme bâtiment, les buildings s’effondrent les uns après les autres comme un jeu de carte dans un tonnerre de poussière et de bruit. Ou lorsque Kirk et Khan sont expulsés dans l’espace au milieu des débris susceptibles de les réduire en miettes à chaque instant. Voire lors de l’affrontement vertigineux entre Spock et Khan.

Et pourtant, ce grand show efficace ne marque pas les imaginations. Les personnages se comportent trop comme les habituels héros américains en quête de rédemption, le méchant manque cruellement de charisme, l’intrigue se révèle bien moins costaude que la carapace d’un Klingon, et seul Scotty a droit à une très légère existence parmi les personnages secondaires.

Rien d’indigne là-dedans, surtout pour les accros aux blockbusters truffés d’effets spéciaux mégalos prêts à pardonner les incohérences d’un script sans surprise. Mais on attendait quand même plus de bravoure, d’audace, d’originalité, de psychologie et de sens de la légende de la part du réalisateur amené à aussi relancer la saga Star Wars.

Réalisation : J.J. Abrams. Avec Chris Pine, Zachary Quinto, Zoe Saldana, Karl Urban, John Cho, Anton Yelchin... 2 h 09.

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