La fille du 14 juillet : Poète pouet

Un joyeux foutoir entre Nouvelle Vague et comédie d’ados des années 80.

La fille du 14 juillet : Poète pouet
Bruno Fella

Hector, gardien du musée, a rencontré Truquette, l’amie de sa collègue, au Louvre, le 14 juillet. Depuis, il n’a d’yeux que pour elle, tandis que Truquette le voit d’un bon œil. Pator, l’ami d’Hector (oui, ils ont tous des noms à coucher dehors), coursé par la police pour exercice illégal de la médecine avec son confrère le docteur Placenta, propose à son copain de mettre Truquette et sa collègue Charlotte dans la Mercedes, au klaxon italien, direction la plage. Une façon comme une autre d’emballer les deux minettes. Problème, Charlotte invite son frère Bertier qui trouvera le moyen de leur fausser compagnie avec Truquette pour la séduire par les biais les plus nuls. S’engage alors la course-poursuite. Sur ce, crise oblige, les vacances du mois d’août de la France entière sont annulées…

Au bout d’un moment, il se pourrait que vous voyez passer un spectateur excédé, tonnant:"Mais qu’est-ce que c’est que cette + %µ# !" Ce pourrait être quand le docteur Placenta abat de deux balles au chloroforme son fiston habillé en cloporte, quand Truquette imagine un flirt avec Hector sauce Tchekhov, ou lors des nombreux monologues intérieurs "logorrhant" sur le sens de la vie et de l’amour.

Réalisateur et scénariste, pour son premier long, Antonin Peretjatko fait le grand écart entre Jean-Luc Godard première vague et Max Pécas fin des années 70, début 80. Entre l’enculage de mouches et le tripotage de fesses. Le film tire tout son jus des prises de tête soixante-huitardes ou des comédies graveleuses aujourd’hui kitschissimes.

Des références pour cinéphiles, "La Fille du 14 juillet" en déborde, sans que cela nuise à la compréhension des amateurs. Même Vimala Pons en Truquette a de vrais airs d’Anna Karina, muse Nouvelle Vague. Sinon, bande-son, photographie, décors, costumes, même le jeu forcé des comédiens ont le bon ou le mauvais goût vintage du début des eighties.

B.F.

Réalisation et scénario : Antonin Peretjatko. Photographie : Andrew Droz Palermo. Avec Vimala Pons, Grégoire Tachnakian, Vincent Macaigne, Marie-Lorna Vaconsin… 1h28.


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