"American Nightmare" : Chiasse à l’homme

"The Purge" francisé en "American Nightmare" sent toujours aussi mauvais.

"American Nightmare" : Chiasse à l’homme
Bruno Fella

En 2022, James rentre le sourire aux lèvres et une main sur le volant de sa berline, dans sa banlieue cossue. Il a de quoi être content, son entreprise de système de sécurité crève les plafonds; d’ailleurs, il a fourni tout son voisinage. James (Ethan Hawke), c’est le genre de père boulonné sur une colonne de principes. Sa femme (Lena Headey de "Game of Thrones") éponge tout autour. La grande fille s’habille en écolière perverse, mais innocente. Le petit frère est un génie asocial. Tout ce petit monde abrège le dîner familial, car il est 19h. Il faut transformer la maison en coffre de banque grâce au système de sécurité du papa, car, cette nuit, c’est la purge. Non pas que l’on cure toutes les fosses septiques du voisinage, mais le principe n’est pas si éloigné, car ça pue et c’est chacun sa merde. Depuis quelques années, les nouveaux Pères fondateurs des Etats-Unis ont trouvé la panacée : 12h, une nuit par an, où l’on peut violer, torturer, massacrer sans être poursuivi. Cette catharsis donne des résultats miraculeux, car il n’y a quasiment plus, ni criminalité ni chômage.

Le scénario pue. Une "purge" sociétalement bénéfique ? La prémisse a l’odeur nauséabonde de ces solutions finales d’une nuit, de cristal ou de Saint-Barthélemy. Ensuite, viennent les relents d’"Assaut sur le central 13" (2005) du même scénariste, remake d’"Assaut" (1976), de Carpenter, inspiré par le western "Rio Bravo" (1959), d’Howard Hawks. Le gosse a, en effet, laissé rentrer un clodo, forcément noir, pourchassé par une bande de jeunes armés jusqu’aux dents détartrées, car les salopiaux sont issus de familles fortunées. James et sa femme ont, dès lors, le choix : rendre la victime aux bourreaux ou se faire trucider…

Entre le principe de la "purge" et ce dilemme mortel, voici au moins deux sujets dispensables de conversation autour de la machine à café. On taira, par contre, la musique sciante qui berce les surprises éculées de films d’horreur largement désamorcées par le montage. Tout comme on oubliera l’interprétation incapable de passer outre la caricature des personnages.

B.F.

Réalisation et scénario : James DeMonaco. Avec Lena Headey, Ethan Hawke, Max Burkholder, Edwin Hodge, Rhys Wakefield… 1h25.