"Homefront", la daube de la semaine

Quand le scénariste Stallone rencontre l'acteur Jason Statham, ça pue.

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Fernand Denis

Flic infiltré parmi les Hells Angels, Broker met en pièces leur labo de fabrication de drogue et décapite le réseau en envoyant le patron en prison et son fils six pieds sous terre. Il ne lui reste plus qu’à se planquer avec sa fille dans un coin calme de Louisiane. Toutefois, ses talents pour la castagne sont vite repérés et l’heure de la vengeance va pouvoir sonner pour les bikers de l’enfer.

Avec Jason Statham en tête de distribution, ça craint l’entreprise bas de plafond, mais entouré de James Franco et Winona Ryder, on se dit que "Homefront" pourrait avoir des ambitions. Et puis, autre élément, suscitant la curiosité, le scénario - adapté d’un livre - est signé Sylvester Stallone.

Hé bien, James Franco tourne sans réfléchir, Winona Ryder a des arriérés d’avocat et Stallone empile les clichés comme Louis Michel les amendements contre la protection de la vie privée sans même sans rendre compte. L’ouvrage a toutefois une ligne, c’est du 100 % macho, les femmes sont des poulettes sans cervelle et les hommes des coqs avec des muscles. Entre deux castagnes, on fait un peu de cheval avec ces êtres innocents que sont les enfants. Pour ses 10 ans, Broker offre à sa fille un lapin en peluche. La bêtise se mélange à l’ennui, comme la testostérone à la pyrotechnie tout au long de ce récit où, seul contre tous, Statham le catcheur de l’écran dézingue tous ses ennemis.

Plus avance le film de Gary Fleder, plus il dégage une sensation nauséabonde, plus il pue l’autodéfense, le lobby des armes, le Stallone en fait. Ça schlingue tellement qu’on suffoque. Comme si on était immergé, deux heures durant dans une fosse septique.


Réalisation : Gary Fleder. Scénario : Sylvester Stallone. Avec : Jason Statham, James Franco, Kate Bosworth, Winona Ryder… 1h40