"Mea Culpa": Unforgiven

Un polar si peu travaillé qu’il ne mérite même pas le qualificatif de daube.

Alain Lorfèvre
"Mea Culpa": Unforgiven

Mea Culpa", on y a cru les dix premières minutes. Une ouverture musclée, avec bagarre en vase clos dans l’habitacle d’une voiture… Ça promettait un polar à l’américaine pas trop mal torché, sur les traces d’"À bout portant", précédent film de Fred Cavayé avec Gilles Lellouche. A l’arrivée, le réal et son coscénariste peuvent faire leur le titre tant ce film est bourré de vide, d’effets gratuits et d’incohérences. La plus grosse, la plus crétine : les tueurs albanais qui cavalent pendant tout le film après un gamin parce qu’il a été témoin d’un meurtre règlent leurs comptes successivement dans une boîte de nuit en pleine fièvre du samedi soir puis dans un TGV bondé, en plein jour : ils ont oublié de chercher sur Google la traduction de "discrétion"…

Que Gilles Lellouche s’y égare, passe encore : l’acteur essaie de casser son image et endosser le cuir d’un flic de prime-time pour TF1, soit, c’est son problème. Mais Nadine Labaki et Vincent Lindon, on a un peu plus de mal à comprendre pourquoi ils se commettent dans une telle daube. D’autant que le personnage du dernier, porteur de la culpabilité annoncée, passe le film à mettre en application la loi du Talion sans mesure : touche pas à mon fiston ou je t’éclate la tronche plutôt trois fois qu’une. C’est à peine moins monolithique que du Steven Seagal. Sorti de cet énoncé, "Mea Culpa" n’a rien d’autre à déclarer ni à montrer. Et on préfère oublier qu’il y a de l’argent belge là-dedans. On l’a jeté par les fenêtres du TGV avec Christel Cornil…

Réalisation : Fred Cavayé. Avec Vincent Lindon, Gilles Lellouche, Nadine Labaki,… 1h30