Welcome to Monaco

“Grace de Monaco” et “Welcome to New York”, les deux films dont on parle, ne manquent pas de points communs. Un commentaire de Fernand Denis, à Cannes.

Fernand Denis
Welcome to Monaco
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“Grace de Monaco” et “Welcome to New York”, les deux films dont on parle, ne manquent pas de points communs. Un commentaire de Fernand Denis, à Cannes.


Primo. L’un et l’autre sont à la périphérie de l’événement. “Grace de Monaco” est le film d’ouverture hors compétition, la tête de gondole, le néon qui clignote pour attirer le chaland, comme “Da Vinci Code” il y a quelque temps. “Welcome to New York” n’est pas sélectionné du tout, il s’est imposé de force sur la Croisette grâce à Obélix et sa potion magique aux morceaux de buzz. C’est que Gégé peut partir en vrille à tout moment, les réseaux adorent, la presse aussi. N’est-ce pas Didier ?

Deuzio. Le prince Rainier d’un côté, DSK de l’autre : les deux films mettent en scène des hommes de pouvoir et d’argent, un patron de paradis fiscal et le boss du FMI.

Tertio. Les films font parler d’eux avant même d’atteindre l’écran grâce aux polémiques, initiées par la production. Une bagarre entre réalisateur et producteur pour “Grace de Monaco”. Un bras de fer entre distributeur et exploitant pour “Welcome to New York”. Or il n’existe pas de stratégie meilleur marché qu’une bonne polémique quand on veut lancer un film, surtout en manque d’arguments artistiques. Avec sa sortie reportée depuis des mois, “Grace de Monaco” commençait à avoir des poils quand la polémique a métamorphosé la pomme pourrie en patate chaude. De son côté, Abel Ferrara (“Go Go Tales”) et l’acteur russe de Néchin ne font plus recette; quelle chance de se draper dans la censure pour lancer la sortie en VOD sans risquer de se faire allumer. Bien joué, Vincent Maraval, directeur des coups médiatiques de la maison de production Wild Bunch.

Et “Timbuktu”, on en parle ? Ben non, le film est magnifique et sans polémique. Alors welcome to Sissako, de grâce !