"Profanation" : Polar scandinavissime

La suite des enquêtes, plombées, de Carl Mørck et du Département V…

H.H.

La suite des enquêtes, plombées, de Carl Mørck et du Département V…

A la sortie d’une fête arrosée au commissariat, Carl Mørck tombe sur un vieux fou qui le supplie d’enquêter sur le meurtre atroce, vingt ans plus tôt, de ses deux enfants. Toujours aussi morose, l’inspecteur l’envoie balader. Mais quand le pauvre homme est retrouvé dans sa baignoire avec les veines cisaillées, Carl est pris de remords et décide de rouvrir cette vieille enquête avec son fidèle collègue Assad. Où il va réveiller de vieilles blessures dans la bonne société danoise, qui a pas mal de choses à cacher… Et qui n’hésite pas à se serrer les coudes en souvenir de sa jeunesse passée dans l’un des internats les plus select du pays…

Ayant fait ses armes à la télévision danoise, notamment sur l’excellente série politique "Borgen", Mikkel Nørgaard avait déjà signé "The Keeper of Lost Causes", première adaptation des aventures de l’inspecteur Carl Mørck du Département V, consacré aux enquêtes non résolues, d’après les best-sellers du romancier danois Jussi Adler-Olsen. Si dix films étaient prévus (un par an pendant dix ans), seuls quatre seront finalement réalisés, le romancier, ouvertement déçu par le premier film, ayant refusé de poursuivre sa collaboration avec Zentropa.

Il va sans dire qu’avec "Profanation", on est donc en terrain connu. Un peu trop connu sans doute. Comme pour la série de films "Millenium" (dont les scénaristes sont d’ailleurs les mêmes), on est ici trop à cheval entre télévision et cinéma. "Profanation" n’est pas un grand film, juste un bon téléfilm.

Mais le vrai problème de ce polar danois, c’est son côté terriblement stéréotypé… L’enquêteur est forcément dépressif et alcoolique, incapable de s’occuper de son fils. Le crime est forcément atroce, de tendance sadique et visant surtout des femmes. Et les coupables sont sans surprise à chercher du côté des hautes sphères du pouvoir. Ces ingrédients, on les retrouve dans la plupart des polars scandinaves du moment, souvent mis en musique de façon plus convaincante, plus légère aussi. Construit de façon très scolaire (avec un jeu assez convenu de flash-backs entre le passé et le présent), "Profanation", malgré son beau casting (avec notamment l’excellent Pilou Asbæk dans le rôle du méchant ou la jeune Sarah-Sofie Boussnina), ne parvient pas à renouveler le genre.


"Profanation" : Polar scandinavissime
©dr

 Réalisation : Mikkel Nørgaard. Scénario : Nikolaj Arcel et Rasmus Heisterberg (d’après le roman de Jussi Adler-Olsen). Photographie : Eric Kress. Avec Pilou Asbæk, Nikolaj Lie Kaas, Sarah-Sofie Boussnina, Fares Fares, Danica Curcic, Søren Pilmark… 1h59