"The Gunman" : La daube de la semaine

Quand Sean Penn joue au super-héros avec gros biscotos et petit ciboulot.

F.Ds

Quand Sean Penn joue au super-héros avec gros biscotos et petit ciboulot.

Le Congo est malade de ses richesses, dit-on. Les guerres qui embrasent son territoire et la corruption généralisée qui gangrène son administration depuis le sommet sont entretenues par les sociétés minières, affirme le film dès son entame. Monsieur Kubla pourrait sans doute nous en dire plus. Non seulement, la population ne profite pas de ses propres richesses, mais elle doit subir la violence des combats, des représailles, des viols, de l’exil.

Alors, enfin un film à grand spectacle qui dénonce ce pillage, comme "Blood Diamond" où Leonardo DiCaprio s’en prenait au commerce des fraudeurs anversois ? On peut le penser avec Sean Penn en tête d’affiche. Alors que notre acteur engagé incarne un mercenaire de la "sécurité", le film semble vouloir dénoncer les ONG qui préservent notre bonne conscience, mais ne seraient que des paravents de l’industrie, chacun prenant sa part du gâteau. D’ailleurs Sean Penn se méfie du patron d’une ONG qui veut lui piquer sa belle chirurgienne sans frontière. Il n’a pas tort. C’est Javier Bardem - qui est retourné chez son coiffeur de "No Country for Old Men" - l’organisateur de l’assassinat du ministre des Mines, qui va obliger Sean à quitter l’Afrique et sa nana.

Huit ans plus tard, Sean veut en avoir le cœur net : le Bardem lui a-t-il piqué l’amour de sa vie ? Eh bien oui. À Barcelone, le pourri est toujours à la tête d’une ONG non identifiée - Football Sans Frontière, car il nage dans la thune - et il a installé la belle dans une maison Gaudi et le week-end dans une villa de campagne à 10 millions de boules.

Mais en revoyant son beau Sean - lequel n’a pas lésiné sur la muscu, ou alors Arnold lui a refilé sa pharmacie - ; la belle est tout émoustillée. Ça lui rappelle le bon temps, quand elle opérait les blessures de machette dans la brousse. Jaloux, Bardem leur met des méchants aux fesses par groupes de dix. Mais le Sean est trop fort, il les explose tous. Sans cape, sans collant, sans super-pouvoir - si ce n’est celui de dévier les balles qui s’approchent un peu trop -, Sean ne ménage pas sa Penn (faut bien se mettre au niveau).


"The Gunman" : La daube de la semaine
©dr

 Réalisation : Pierre Morel. Avec Sean Penn, Jasmine Trinca, Javier Bardem… 1h57

Sur les écrans à partir de samedi 27