"Un moment d'égarement" : Cluzet mauvais ? C’est possible…

"Une pensée à Claude Berri." Telle est la dédicace qui ouvre le dernier film de Jean-François Richet. Une pensée pour Berri en effet qui, d’où il est, doit être bien triste de voir son fils massacrer ainsi l’un de ses films. Ce remake avec Vincent Cassel et François Cluzet n’est pas une bonne idée.

H. H.

Jean-François Richet signe un remake ridicule du film de Claude Berri.

"Une pensée à Claude Berri." Telle est la dédicace qui ouvre le dernier film de Jean-François Richet, produit par le fiston Thomas Langmann. Une pensée pour Berri en effet qui, d’où il est, doit être bien triste de voir son fils massacrer ainsi l’un de ses films, "Un moment d’égarement". Qui voyait Jean-Pierre Marielle tomber dans les bras de la charmante Agnès Soral, la fille de son meilleur ami Victor Lanoux.

Ce remake avec Vincent Cassel et François Cluzet (après le "Blame It on Rio" de Stanley Donen avec Michael Caine en 1984) n’est pas une bonne idée. Tout d’abord parce qu’on était alors en 1977 et que la sexualité paraissait plus libre - il suffit de voir l’affiche signée Wolinski… Quarante ans plus tard, on ne regarde pas tout à fait de la même façon un homme de 45 ans se laisser séduire par une mineure. Pourtant très sexiste, le film est d’ailleurs mal à l’aise avec son sujet, Cassel semblant se poser nettement plus de questions morales que Marielle à l’époque, tandis que la gamine n’a plus 16 ans mais presque 18…

Mais le plus gros problème n’est pas là… Il tient dans le choix du réalisateur. Sept ans après son diptyque sur Mesrine (déjà Cassel), on n’attendait pas Richet dans le registre de la comédie de mœurs. Il se révèle complètement à côté de la plaque, sans cesse au premier degré et plutôt grave. En découle une comédie, certes, mais totalement involontaire, où tout tombe à l’eau.

Habituellement excellents, Cassel (dérangé par son personnage) et Cluzet (pas aidé par un rôle de quadra aveugle, limite demeuré) jouent comme des cochons ! Non dirigés, ils partent complètement en vrille. Tandis que la jeune et jolie Lola Le Lann (dont c’est le premier rôle) se balade devant eux en petites tenues en surjouant les ados amourachées. Là où, tout en légèreté, Agnès Soral s’amusait juste à séduire un homme plus âgé. Bref, un vrai "Moment d’égarement"…


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© dr

 Réalisation : Jean-François Richet. Scénario : Lisa Azuelos & Jean-François Richet (d’après Berri). Avec Vincent Cassel, François Cluzet, Alice Isaaz, Lola Le Lann… 1 h 45.