"Terminator : Genesis" : Retour vers le futur

Schwarzy revient dans son rôle emblématique. "Vieux, mais pas obsolète". En fait, si.

A.Lo.

Schwarzy revient dans son rôle emblématique. "Vieux, mais pas obsolète". En fait, si.Après "Mad Max : Fury Road" et "Jurassic World", "Terminator : Genesis" est la troisième résurrection estivale d’une vieille franchise. Rien de surprenant : la phrase culte n’en était-elle pas le fameux "I’ll be back" ("Je reviendrai") ? Déflorée dans la bande-annonce, la réplique s’applique aussi à l’ineffable Arnold Schwarzenegger - 67 ans - seul rescapé du casting des précédents épisodes. Pour expliquer ses rides, on apprend, au prix d’une belle incohérence, que les Terminators aussi accusent le passage des ans : "Vieux mais pas obsolète" devient dans la foulée la nouvelle punchline, répétée avec d’insistance tout du long.

Dans le premier "Terminator", sorti en 1984, l’apocalypse nucléaire était située en 1997. Déclenchée par un ordinateur (baptisé Skynet, ce qui en Belgique fait sourire…), elle débouchait sur le règne des machines. Au terme d’une révolte, les humains reprenaient le dessus. Skynet envoyait alors dans le passé un robot tueur, le Terminator, pour tuer la future mère du leader des révoltés.

Comment imposer au spectateur de 2015 un récit dont le point de départ futuriste se situe désormais dans son passé ? En partant du postulat que celui-ci a changé grâce au succès de la mission initiale de Kyle Reese, le soldat du futur envoyé protéger Sarah Connor. Une victoire qui n’aurait en réalité fait que postposer le "jour du jugement dernier" de 1997 à 2017.

Retour vers le futur, donc. Ce bond dans le temps permet d’actualiser la menace cybernétique, qui avait aussi pris un coup de vieux. Elle est désormais traitée à l’aune de notre hyperconnectivité virale - vague petit "message" sur les dangers des chevaux de Troie informatiques. De même, le film introduit un nouveau modèle de Terminator, à l’aune de nos nanotechnologies.

À l’image du premier quart d’heure qui copie-colle les scènes inaugurales du premier opus, le réalisateur Alan Taylor reproduit consciencieusement toutes les scènes cultes de la saga.

Cette approche plus gamine transparaît dans le casting : Emilia Clarke, emblématique Daenerys Targaryen de la série "Games of Thrones", incarne une Sarah Connor déjà aguerrie mais paradoxalement moins mature. Idem pour Jai Courtney ("Divergente"), trop bodybuildé au bon grain pour qu’on l’imagine survivant d’un génocide. Le second rôle de J.K. Simmons résume la teneur de l’ensemble : frénétique, accessoire et lorgnant vers le public ado - que Cameron, en son temps, jugeait moins crétin, assumant la noirceur de sa dystopie. Et si Schwarzy peut compter sur ses doublures pour la baston, il manque toujours d’un doubleur pour ses dialogues. Rajeuni, peut-être, mais déjà obsolète.

"Terminator : Genesis" : Retour vers le futur
©DR

Réalisation : Alan Taylor. Avec Arnold Schwarzenegger, Emilia Clarke, Jai Courtney… 2h05