"Les Minions 3D" : Chérie, j’ai agrandi le Minion

Les acolytes de Gru en font voir de toutes les couleurs à la reine d’Angleterre.

Patrick Laurent

Les acolytes de Gru en font voir de toutes les couleurs à la reine d’Angleterre.

On apprend vraiment n’importe quoi dans les manuels d’Histoire. Au commencement étaient… les Minions, et non les unicellulaires. Leur seul et unique objectif : "servir un maître moche et méchant" . Comme le T. Rex par exemple. Ou l’homme de Cro-Magnon. Voire les pharaons ou Napoléon. La difficulté n’étant pas de trouver ce guide en cruauté, mais de le garder. Pour ne pas s’ennuyer toute l’éternité, Kevin, Bob et Stuart débarquent à New York en 1968, à la recherche de la plus démoniaque des créatures. Et font la connaissance de Scarlet Overkill, justement en manque d’assistants pour voler la couronne de la reine d’Angleterre.

A l’instar de Scratch dans "L’âge de glace", les Minions, conçus à la base comme des faire-valoir dans "Moi, moche et méchant", ont immédiatement volé la vedette à Gru dans le cœur des enfants. Au point de devenir les stars de leur propre dessin animé.

Confrontés à une double difficulté scénaristique (les Minions ne faisaient que des bêtises qui détournaient l’aventure) et de dialogues (leur langage est incompréhensible), les scénaristes leur font d’abord pourrir la vie des grandes figures du passé avant d’entrer dans le cœur du sujet, au bout d’une demi-heure de film. Et là, il faut bien le dire, les choses se gâtent un peu. Le récit emprunte alors les voies les plus fréquentées par tous les méchants des dessins animés, assez caricaturales, sans effet de surprise. Les petits n’y attacheront pas grande importance, mais leurs parents seront déçus par l’absence de second degré ou de différents niveaux de lecture.

Les animateurs ne ménagent heureusement pas leur peine pour multiplier les gags (la reine d’Angleterre opposée à un camionneur balaise au bras de fer, des gardes de la Tour de Londres pris dans un strip-tease très rock, le roi Bob en string, le détournement des appareils de torture, une parodie très Godzilla de "Chérie, j’ai agrandi le Minion" ou le massacre d’une guitare électrique de grande valeur) pour faire oublier l’insignifiance de l’aventure. Et y parviennent raisonnablement.

De ces facétieuses petites créatures, on s’attendait à plus de variété dans l’humour, des gaffes plus énormes, des trouvailles à tous les coins de rue. Mais les enfants, première cible du dessin animé, vont sortir de la projection avec la banane. Et c’est bien là l’essentiel.


"Les Minions 3D" : Chérie, j’ai agrandi le Minion
©DR

 Réalisation : Pierre Coffin et Kyle Balda. Scénario : Brian Lynch. Avec les voix anglaises de Sandra Bullock et Jon Hamm et françaises de Marion Cotillard, Guillaume Canet et Gad Elmaleh… 1h31