Luc Besson dévoile les premières images de "Valérian"

Le réalisateur du "Cinquième Elément" en a révélé la primeur à une poignée de privilégiés au Comic-Con de San Diego. Il y a montré les premières recherches graphiques de son adaptation à 180 millions de dollars de la bande dessinée de Mézières et Christin.

Luc Besson dévoile les premières images de "Valérian"
©Dargaud
Alain Lorfèvre

Le plus international des réalisateurs français, Luc Besson, vient de révéler au Comic-Con de San Diego les premiers documents de production de son adaptation de la bande dessinée « Valérian, agent spatio-temporel ». C’est un petit événement, dans la mesure où ce projet remonte à plus de dix ans.

Pourquoi Besson a-t-il réservé la primeur de ses premières recherches à une poignée de privilégiés, au Comic-Con ? Tout simplement parce que cette convention dédiée à l’univers des comics-books est devenue la plus importante plate-forme de lancement des blockbusters américains, depuis qu’Hollywood et les chaînes américaines ont fait des super-héros et héros de bande dessinée leurs fers de lance commerciaux.

Une recette internationale

Avec « Valérian et la ville aux mille planètes » (titre annoncé), Luc Besson sait qu’il tient une recette à même de séduire le public américain et international. « Valérian, agent spatio-temporel » est pourtant méconnu aux Etats-Unis, en dehors de quelques cercles avertis. Cette bande dessinée de science-fiction fut créée en 1967 par les Français Pierre Christin et Jean-Claude Mézières dans les pages de l’hebdomadaire « Pilote ».

Valérian et sa compagne Laureline sont des agents du Service Spatio-Temporel (SST) au XXVIIIe siècle. Ils se déplacent dans le temps et l’espace pour préserver les intérêts de l’espèce humaine - mais avec pour règle formelle de ne pas modifier les événements.

Devenu un classique du genre, avec plus de 2,5 millions d’exemplaires vendus, la série a fixé de nouveaux canons pour le space opera en bande dessinée. Elle a influencé des auteurs américains et asiatiques. Luc Besson lui-même s’était déjà considérablement inspiré de l’univers de « Valérian » dans son « Cinquième Elément ».

L’impact d’ "Avatar"

Au Comic-Con, le réalisateur a rappelé qu’il travaillait depuis longtemps sur cette adaptation. Il l’assure : lorsqu’il a découvert « Avatar » de James Cameron, il a jeté « à la poubelle » une des premières moutures de son scénario : « C’était trop conventionnel, ce n’était pas assez bon ». « Tous les réalisateurs du monde sont redevables à Cameron parce qu’il livre tous les cinq ans un film qui nous force à nous dépasser. »

Doté d’un budget prévisionnel de 180 millions de dollars, cette adaptation n’alignera que cinq personnages humains, assure Besson. Tous les autres personnages seront des créatures extra-terrestres. Pour créer cette saga futuriste, Besson affirme avoir écumé les écoles d’art à travers le monde. Une première short-list de vingt graphistes a été réduite à huit noms - les candidats ont dû dessiner chacun un extra-terrestre, un vaisseau spatial et un univers extra-terrestre.

Secret

Besson garde le secret absolu sur son équipe de concepteurs. Ils ne communiquent qu’avec lui et ne se connaissent pas entre eux. « Je ne les isole pas, je protège leur créativité » a-t-il affirmé à la revue professionnelle du "Hollywood Reporter". Par contre, le réalisateur a déjà révélé les noms de ses deux comédiens principaux : Dane DeHaan (qui jouait Harry Osborne dans « The Amazing Spider-Man ») incarnera Valérian, tandis que Laureline sera interprétée par la nouvelle venue Cara Delevingne qui, selon une veille habitude de Luc Besson, est une ex-mannequin.

Le tournage devrait débuter en janvier 2016, pour une sortie prévue à l'été 2017. Pile-poil pour surfer sur le nouvelle vague "Star Wars"… Malin le Frenchie.

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