"Southpaw" : La rédemption pour les nuls

Jake Gyllenhaal est méconnaissable en boxeur à la recherche d’un second souffle.

H. H.

Jake Gyllenhaal est méconnaissable en boxeur à la recherche d’un second souffle.

Avec Antoine Fuqua, on sait à quoi s’attendre : du lourd ! Du poids moyen en l’occurrence… Billy Hope (Jake Gyllenhaal), champion du monde des poids moyens, est sur le point de suivre les conseils de sa femme Maureen (Rachel McAdams) et de raccrocher ses gants de boxe. Mais son agent (50 Cents) le pousse à signer un nouveau contrat avec HBO : 30 millions de dollars contre trois derniers matchs… Son rival Miguel Escobar, qui rêve d’affronter Billy "The Great" Hope, vient le narguer jusqu’au dîner de charité où il prend la parole. Le ton monte, la confusion s’installe, une balle est tirée. Maureen est touchée et meurt dans les bras de son champion… Ravagé par la douleur, Billy perd tout : ses amis, sa fortune, sa licence de boxeur pro et même la garde de sa fille. En compagnie du vieil entraîneur Tick Wills (Forest Whitaker), le bonhomme va tenter de remonter la pente pour retrouver la gloire et sa fille…

Avec Fuqua dans les cordes, on se doute qu’on est plus proche ici de "Rocky Balboa" que de "Million Dollar Baby". Un Rocky issu de la rue et des orphelinats, entouré d’un entourage façon gangsta rap. Le réalisateur aime les univers masculins, les gros bras. "Southpaw" est une nouvelle occasion pour lui d’assumer sa fascination pour la violence, pour la force physique et pour le thème de la vengeance (déjà au centre de son dernier film "The Equalizer", avec Denzel Washington). Et ici de façon exacerbée, jusqu’au dégoût, comme lorsqu’on filme une petite fille assistant à la démolition de son père sur le ring…

D’un point de vue de la mise en scène et de la narration, rien à redire, c’est efficace. Et les acteurs sont impeccables. A commencer par un Jack Gyllenhaal, méconnaissable dans ce rôle à Oscar de boxeur ravagé et totalement crédible sur le ring. Le problème, c’est la naïveté de ce film américanissime, son côté "La rédemption pour les nuls". Le héros s’appelle Hope car jusqu’au bout, il faut garder "espoir"… Tandis que pour les spectateurs les plus distraits qui n’auraient pas compris qu’ils regardaient pour la énième fois une histoire hollywoodienne de seconde chance, Fuqua adjoint à chaque scène de combat les commentaires des journalistes, comme à la télé. Lesquels soulignent que Billy Hope se bat sur le ring pour sa femme perdue, pour sa petite fille. Pour sa famille et son honneur ! OK, c’est bon, on avait compris…


"Southpaw" : La rédemption pour les nuls
©IPM

 Réalisation : Antoine Fuqua. Scénariste : Kurt Sutter. Photographie : Mauro Fiore. Musique : James Horner. Avec Jake Gyllenhaal, Rachel McAdams, Forrest Whitaker, Naomie Harris, 50 Cent… 2 h 03.