"Pixels" : Game over

Pac-Man, Donkey Kong, Centipede et Tetris font du cinéma. Mais où est passé Super Mario ?

Fernand Denis

Pac-Man, Donkey Kong, Centipede et Tetris font du cinéma. Mais où est passé Super Mario ?Après les superhéros et les attractions de parcs comme "Pirates des Caraïbes", la nouvelle franchise hollywoodienne en vogue consiste à mettre en scène les jeux à succès. Le carton de Lego a encouragé les studios à creuser ce nouveau filon aux juteuses possibilités de merchandising. En attendant d’assister aux aventures des Playmobil et du Monopoly, voici "Pixels" qui ressuscite les jeux d’arcade des années 80 : Pac-Man, Donkey Kong et autres Centipede ou Tetris. Il manque tout de même Super Mario, lequel avait déjà eu droit à son film.

Il était donc une fois, en 1982, un gamin bouclé surdoué et son meilleur pote gonflé aux sodas. Leur plus grand souvenir d’enfance ? Avoir participé aux championnats des jeux d’arcade. Souvenir cuisant puisque le bouclé fut battu en finale. Et traumatisé. Ce fut le premier d’une collection d’échecs, prélude à une modeste carrière au regard de ses possibilités cognitives.

Ce jour n’a pas laissé qu’un funeste souvenir, cette compétition a fait aussi l’objet d’un enregistrement, envoyé dans l’espace avec d’autres témoignages de notre civilisation à l’intention d’éventuels extraterrestres. Et voilà que certains d’entre eux ont intercepté le message. Ignorant la notion de jeux, ils y ont vu une déclaration de guerre et les armes du conflit. Et maintenant, ils attaquent Londres avec des mille-pattes géants alors des Pac-Man avalent tout ce qu’ils trouvent dans les rues de New York. Le petit gros neuneu étant devenu président des Etats-Unis, il fait appel à son pote pour une bataille grandeur nature.

"Pixels" est un film complètement crétin mais Chris Columbus l’assume dès le générique en confiant les rôles principaux à Adam Sandler et Kevin James. Son "Pixels" revendique son côté régressif, attardé, fonçant en direction de la nostalgie comme s’il était au volant d’une DeLorean. Et de multiplier les allusions, dans le dialogue ou l’image, à ce qui était en vogue dans les années 80, des personnalités de Reagan à Madonna, aux musiques de Hall and Oates à Tears for Fears et son "Everybody Wants to Rule the World" évidemment.

En adoptant "Ghostbusters" - Dan Aykroyd vient faire une petit caméo - comme modèle de référence ironique des eighties; le réalisateur de "Maman j’ai raté l’avion", "Mrs. Doubtfire" et des deux premiers "Harry Potter" en profite pour chambrer ces blockbusters qui sauvent le monde chaque été depuis des décennies. Tout en répondant à la commande d’un film pop-corn et bas de plafond - Adam Sandler oblige -; Chris Columbus manie le second degré, égratignant au passage ses concitoyens à ce point décérébrés qu’ils ont confié leur nation à George Bush.

"Pixels" : Game over
©ipm

Réalisé par Chris Columbus. Avec Adam Sandler, Michelle Monaghan, Kevin James… 1h46.

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