"Solace" : La daube de la semaine

Voilà un thriller avec du potentiel, une réflexion sur l’euthanasie par exemple, mais le scénariste préfère faire joujou avec les prémonitions, tirant le scénario par les cheveux au point de le rendre complètement chauve. Ce thriller réservé aux fans d’Anthony Hopkins.

Fernand Denis

Thriller réservé aux fans d’Anthony Hopkins.Un enfant sur une balançoire, un homme dans son fauteuil, une femme dans la baignoire. Tous les trois assassinés par un objet tranchant à la base de la nuque. Une mort instantanée et sans douleur, précise le légiste. Pas de traces d’effraction ni d’ADN mais à chaque fois le même petit bristol avec quelques mots en forme de devinette.

Quel est le lien entre les victimes de ce serial killer ? Le duo d’inspecteurs se perd en conjectures. Pas la moindre piste. Et même si sa collègue désapprouve, notre policier de s’adresser à son vieil ami, John, médecin et médium, rangé des dossiers depuis le décès de sa fille, des suites d’une leucémie. Psychologue de formation, la flic ne croit pas au paranormal. Toutefois, elle doit avouer que l’homme a un don, puisqu’il a découvert le lien entre les victimes. Toutes les trois étaient gravement malades, il leur restait quelques dizaines de jours à vivre, dans d’intenses douleurs.

Autrement dit, il s’agit pour nos policiers de trouver un serial killer (pain), un assassin qui veut du bien à ses victimes, du moins leur épargner d’insupportables souffrances. Pour notre médium, il s’agit aussi d’affronter un concurrent car le tueur, lui aussi, voit l’avenir.

Voilà un thriller avec du potentiel, une réflexion sur l’euthanasie par exemple, mais le scénariste préfère faire joujou avec les prémonitions, tirant le scénario par les cheveux au point de le rendre complètement chauve. Sacré défi pour un réalisateur qui vient manifestement de la pub. Il ne tourne pas une scène, il la vend et se montre plus à l’aise pour diriger les voitures que les acteurs. Même la sensationnelle Abbie Cornish, la "Bright Star" de Jane Campion est peu convaincante. Chaque apparition d’Anthony Hopkins n’en est que plus puissante. La toile vibre durant ses monologues et puis se fige quand il disparaît. Réservé aux fans d’Anthony Hopkins.

"Solace" : La daube de la semaine
©DR

Réalisation : Afonso Poyart. Avec Anthony Hopkins, Colin Farrell, Jeffrey Dean Morgan, Abbie Cornish… 1h41