"Le grand jour" : Bonnes intentions

Pascal Plisson livre un documentaire niais sur la puissance des rêves.

Heyrendt Hubert

Pascal Plisson livre un documentaire niais sur la puissance des rêves.

Ils ont de 11 à 19 ans, vivent en Mongolie, à Cuba, en Ouganda et en Inde. L’une se voit contorsionniste dans un grand cirque, l’un champion olympique de boxe, un autre ranger dans un parc naturel et la dernière ingénieur. Comme toutes les filles et les garçons de leur âge, ils ont des rêves. Et, par une volonté de fer et un travail acharné, sont en passe de les réaliser…

Découvert en 2004 avec "Massai Les guerriers de la pluie", le documentariste français Pascal Plisson a connu le succès en 2013 avec "Les chemins de l’école", film à la gloire de l’enseignement. Il remet le couvert avec "Le grand jour" en suivant en parallèle le destin de quatre enfants pauvres qui s’en sortiront en suivant leurs rêves.

L’enfer est, comme on le sait, pavé de bonnes intentions. L’adage semble avoir été inventé pour ce documentaire tellement maladroit qu’il en devient agaçant. Misant sur un optimiste forcené, Plisson accouche d’une fable dégoulinante de bons sentiments presque dérangeante tant elle exalte le travail et la famille. Ne manque que la patrie (et encore…).

Bancal, sans aucune tension dramatique et plombé par un doublage français atroce, "Le grand jour" se présente comme un documentaire mais n’en est pas un. Tout sonne faux, tout est mis en scène, scénarisé à la façon d’une téléréalité. Tandis que l’on reste sans voix face à cette glorification outrancière du dépassement de soi. Plisson semble en effet dire aux enfants à qui il s’adresse qu’on peut s’en sortir uniquement par la simple volonté personnelle, faisant totalement abstraction des conditions politiques et sociales, pourtant pas faciles dans les pays où il a tourné…

"Le grand jour" : Bonnes intentions
©DR

 Réalisation : Pascal Plisson. Scénario : Pascal Plisson & Olivier Dazat. 1 h 26.