"Me and Earl and the Dying girl" : mélo souriant à découvrir absolument

Voila un titre honnête. "Me and Earl and the dying girl" est donc l’histoire de Me (pas me en l’occurrence mais Greg) and de son pote Earl and de Rachel, une fille de son école frappée par la leucémie.

Fernand Denis

Voila un titre honnête. "Me and Earl and the dying girl" est donc l’histoire de Me (pas me en l’occurrence mais Greg) and de son pote Earl and de Rachel, une fille de son école frappée par la leucémie.

Greg est harcelé par sa mère pour rendre visite à Rachel. Il ne veut pas car il ne lui parle jamais, mais il ne peut résister à la pression. Forcément, la fille lui demande ce qui lui vaut cette visite. De la pitié ? De la curiosité ? Mal pris, Greg cherche une sortie à l’embarras sans faire plus de dégât. Il ne voit la vérité matinée de son sens perso de l’humour. Il demande à Rachel de passer quelques heures avec lui afin que sa mère ne lui tombe pas dessus. Pas mal, comme entrée en matière. Il va falloir tenir le ton à rebrousse-poil.

Comment se débarrasser du mélo lacrymogène par exemple ? Facile. La voix off et intérieure de Greg révèle que Rachel va s’en sortir. La chimio et tout le reste, c’est tout de suite plus supportable sans chantage à l’émotion.

Oui mais pourquoi prendre un sujet de tire-larmes si c’est pas pour faire pleurer ? Par esprit de contradiction ? Par défi ? Par respect pour le spectateur manipulé tant de fois depuis "Love Story" ?

C’est là qu’entre en scène, Earl, le copain de toujours avec lequel Greg faisait les 400 coups. L’expression est à prendre dans son sens truffaldien. Greg ayant un père cinéphile, nos deux amis ont passé leurs tendres années à revisiter, à leur manière et avec leurs moyens, les classiques du 7e Art. Leur filmographie donne envie : "Jus d’orange mécanique", "Brew Velvet", "Anatomy of a burger"… Il y en a 42 comme cela, de quoi ramener le sourire sur le visage de Rachel.

Earl est un personnage secondaire. Ce n’est pas un jugement de valeur mais statistique, son temps de jeu est nettement inférieur à celui de Greg. Mais le rôle est intéressant et l’acteur excellent. C’est même une caractéristique du film, les figures secondaires sont épatantes. Les mères de Greg et Rachel, par exemple, ont encore moins de temps d’écran, elles sont interprétées par des inconnues et pourtant elles sont inoubliables. Car le ton est irrésistible. C’est celui du vécu sublimé avec style pour le surmonter, le partager avec d’autres.

En tout cas, il ne s’agit pas de larmoyer. Pour sa patte, sa direction d’acteurs, ses goûts musicaux, on le tient à l’œil cet Alfonso Gomez-Rejon and Jesse (Andrews son scénariste) and the promising debutant Thomas Mann.


"Me and Earl and the Dying girl" : mélo souriant à découvrir absolument
©DR

 Réalisation : Alfonso Gomez-Rejon. Scénario : Jesse Andrews. Musique : Brian Eno. Avec Thomas Mann, Olivia Cooke, RJ Cyler… 1h46