"The Night Before" : Very Bad Christmas

"The Night Before" est l’énième comédie adulescente de la bande à Seth Rogen et Evan Goldberg. Et une fois encore, cela marche ! Les ressorts sont toujours les mêmes : sexe, drogue, religion, second degré, ironie, sous-texte homo…

H. H.

En 2001, quelques jours avant Noël, Ethan (Jonathan Gordon-Levitt) a perdu ses parents. Ses deux potes Isaac (Seth Rogen) et Chris (Anthony Mackie) se sont promis de désormais passer le réveillon en sa compagnie. Quinze ans plus tard, le trio décide qu’il est temps de grandir : c’est la dernière fois qu’ils fêteront Noël ensemble… Mais cet ultime réveillon s’annonce mémorable : Ethan a mis la main sur trois invitations pour la soirée de l’année : le ballet Casse-noisette, où le Tout-New York se retrouve pour une nuit de débauche très arrosée.

"The Night Before" est l’énième comédie adulescente de la bande à Seth Rogen et Evan Goldberg (le réalisateur de "This Is the End" et "The Interview" signe ici le scénario). Et une fois encore, cela marche ! Sans atteindre le "génie" comique de "This Is the End" qui, en plein milieu du délire, posait de vraies questions existentielles, ce film parvient à donner du fond à un conte de Noël totalement débridé.

Les ressorts sont toujours les mêmes : sexe, drogue, religion, second degré, ironie, sous-texte homo… Mais il faudrait être vraiment mauvais coucheur pour ne pas ciller face aux pitreries très incorrectes de cette bande d’éternels adolescents pas pressés de grandir. Avec quelques personnages truculents (dont Michael Shannon, excellent en mystérieux dealeur) et quelques scènes cultes (dont une messe de minuit sous influence pas piquée des vers) !

Comme à chaque fois, "The Night Before" aborde le thème du passage à l’âge adulte. Celui de l’acceptation des responsabilités face à l’âge qui avance, que ce soit dans le travail ou les relations amoureuses. Mais il y a dans "The Night Before" un refus de la résignation, un souffle anarchiste rafraîchissant d’une jeunesse qui n’a plus envie de se couler dans le moule que lui impose la société, qui refuse de renoncer au plaisir, au bonheur. Une envie, contre vents et marées, de défendre certaines valeurs, comme celles de l’amitié et d’une nécessaire critique de l’ordre établi. Derrière le rire gras, il y a en effet du fond. Et le film s’offre même, au milieu du bordel complet, de vrais moments de gravité, vite désamorcés par une ironie féroce, mais de gravité. Bref Jonathan Levine ("Warm Bodies" en 2013) signe un vrai film générationnel.


"The Night Before" : Very Bad Christmas
©DR

 Réalisation : Jonathan Levine. Scénario : Jonathan Levine, Kyle Hunter, Ariel Shaffir & Evan Goldberg. Avec Joseph Gordon-Levitt, Seth Rogen, Anthony Mackie, Michael Shannon, James Franco… 1h41