"Eperdument" : L’autre daube de la semaine

F. Ds

Dans le panier à salade, Anna est toute calme, elle connaît le chemin. Quand elle arrive à la prison, elle dépose son sac au vestiaire, se dirige vers la toise et commence à se déshabiller. Elle connaît la procédure. Pierre Godeau la trouve chouette la procédure. Il suffit de déplacer un peu la prisonnière et hop, Adèle Exarchopoulos doit se désaper, enlever le haut, enlever le bas, se montrer à poil de face, de dos, de profil.

Elle est juste bien en chair Adèle, avec des fesses un peu rebondies. D’ailleurs, elle a tapé dans l’œil du dirlo de la prison. Alors, il lui a trouvé une petite activité informatique dans un local intime, où ils peuvent s’envoyer en l’air tranquille. Elle, ça la change de tourner dans la cour et lui, ça le change de bobonne avec son petit air pincé. Y a pas de mal à se faire du bien, n’est-ce pas ! C’est pas l’avis de la société, qui va chercher noise au dirlo alors qu’il ne s’est même pas servi des menottes de service.

Cette version contemporaine de "Phèdre", comme nous l’explique un prof, ce récit d’un amour interdit est inspiré d’une histoire vraie, probablement Martine à Fleury-Mérogis. Sympa mais avec quelques pages un peu chaudes : Martine cogne une lesbienne à la promenade, Martine fait le modèle nu au cours de dessin, Martine fait la teuf en soutif. Il ne se lasse pas de la filmer son Adèle, ses jambes, ses fesses, ses seins, ses épaules, sa peau, ses lèvres boudeuses, ses grands yeux bruns.

Pierre Godeau, comme dit son papa producteur de cinéma, c’est un auteur. A quoi on reconnaît un auteur ? A sa capacité à multiplier les variantes sur un même thème. Le thème Godeau J’, c’est mater une jolie fille. Ainsi l’héroïne du précédent, "Juliette", était éperdument plus exotique dans un salon bourgeois, avec ses cheveux bruns, ses seins en poire, ses très longues jambes.

"Eperdument" : L’autre daube de la semaine
©D.R.


Réalisation : Pierre Godeau. Avec Guillaume Gallienne, Adèle Exarchopoulos, Stéphanie Cléau… 1 h 50.