"Fifty Shades of Black": Cinquante nuances du navet

Les scénaristes Rick Alvarez et Marlon Wayans et le réalisateur Michael Tiddes confondent trash avec vulgarité

Alain Lorfèvre

Les versions parodiques des films d’exploitation font de longue date partie du paysage hollywoodien. Rien d’étonnant, sur le papier, à voir débouler celle de "Cinquante Nuances de Grey". D’autant que le parti pris s’annonçait, sinon prometteur, du moins intéressant : convertir en film "all Blacks" le très blanc et paradoxalement puritain modèle d’origine.

Las ! Les scénaristes Rick Alvarez et Marlon Wayans (lequel interprète le rôle principal masculin) et le réalisateur Michael Tiddes confondent trash avec vulgarité, politiquement incorrect avec mauvais goût (l’allusion totalement indélicate au mouvement #BlackLivesMatters) et, paradoxe, au lieu de détourner les stéréotypes raciaux, ils les reproduisent ad nauseam ("Comment avez-vous fait fortune ? - Comme tous les milliardaires noirs : en dealant"…).

Toute considération morale ou éthique mise à part, "Fifty Shades of Black" manque essentiellement d’inspiration et de sens : même l’absurde ou la pantalonnade répondent à une logique et nécessitent rythme, tempo et talent de mise en scène et de… comédie (précisément).

Dont acte : on avait plus ri à la vision de l’original, si absurdement premier degré et fleur bleue qu’il était involontairement drôle. Et on le confesse : une fois n’est pas coutume, on a jeté le bébé amorphe avec l’eau nauséabonde du bain après 45 minutes de sado-vacuité.

"Fifty Shades of Black": Cinquante nuances du navet
©D.R.


Réalisation : Miacheal Tiddes. Avec Marlon Wayans, Kali Hawk, Jane Seymour, Mike Epps… 1 h 32