"Marseille": La daube de la semaine, à la provençale

F.Ds

Vingt-cinq ans après avoir quitté Marseille précipitamment, Paolo revient dans la cité phocéenne de son enfance. C’est que le papet a été renversé par un scooter et projeté à 80 m, selon le frangin. Finalement, c’est pas si grave, juste une amnésie. La seule façon de rebooter la mémoire, c’est de la solliciter pour provoquer le déclic. Apparemment, lui passer en boucle le but de Basile Boli, qui permit à Marseille d’emporter la coupe d’Europe achetée par Tapie, ne suffira pas.

En fait, Kad Merad revient à Marseille pour préparer une bouillabaisse de clichés avec du pastis peuchère, du stade vélodrome, des parties de cartes sous les arbres, des sorties de pêche dans les calanques, un frère ouvrier au chantier naval. Vingt-cinq ans plus tard, rien n’a changé ou si peu. On ne peut plus acheter son permis, il faut passer l’examen désormais. Et puis, il existe des zones de non-droit mais on n’y risque qu’un coup de boule (de pétanque).

Le Marseille de Merad n’a pas la latitude de celle de Guédiguian, ni la longitude de celle de Pagnol. C’est pas une ville, c’est une carte postale. C’est pas un film non plus, juste un téléfilm bricolé avec de très grosses ficelles scénaristiques, dépourvu de point de vue mais dégoulinant de sentimentalisme et de muzak d’ascenseur.

"Marseille": La daube de la semaine, à la provençale
©D.R.


Réalisation : Kad Merad. Avec Kad Merad, Patrick Bosso, Judith El Zein, Julien Boisselier… 1 h 40.