"Eddie the Eagle" : Billy Elliot à Garmisch-Partenkirchen

L’histoire - vraie - d’un Britannique qui voulait absolument participer aux Jeux olympiques.

Fernand Denis

L’histoire - vraie - d’un Britannique qui voulait absolument participer aux Jeux olympiques.

De la Jamaïque ("Rasta Rockett") à l’Algérie ("Gook Luck Algeria", prochainement) en passant cette fois par la Grande-Bretagne, les J.0. d’hiver constituent l’ultime chance de participer à un rdv olympique pour ceux qui ont la volonté d’y prendre part à tout prix.

Les JO, c’est l’idée fixe d’Eddie, problème, il n’a pas le profil.

Le profil physique, d’une part. Porter des appareils orthopédiques aux jambes durant toute son enfance ne prédestine pas à une carrière dans le 1500 m, le saut à la perche ou le lancement du poids. Alors qu’il est sur le point de renoncer, Eddie découvre qu’il existe aussi des Jeux olympiques en hiver, et de s’entraîner ferme sur une piste synthétique proche de sa cité ouvrière.

Et là, c’est le profil social qui ne convient pas aux yeux de la chic fédé olympique britannique de ski, rigoureusement insensible à l’enthousiasme et à la détermination de ce fils de plâtrier affichant son working class style jusqu’au bout des lunettes.

De quoi booster encore plus sa motivation. Et quand il découvre le saut à ski, catégorie où le Royaume-Uni est absent depuis un demi-siècle, il est prêt à tout pour atteindre Calgary 88 au Canada (où se présentera également l’illustre équipe de Bobsleigh de la Jamaïque).

Voilà bien le genre de feel good movie, dont on connaît non seulement la fin mais aussi toutes les étapes de la progression dramatique illustrant l’opiniâtreté sans faille du héros. Le réalisateur, Dexter Fletcher, en a conscience et appuie le trait pour dessiner un personnage de comédie bourvilesque, simple mais attachant.

Pour dramatiser, il tient une arme secrète. Le saut à ski est, non seulement, une discipline très spectaculaire mais un étalon de mesure du courage et de l’inconscience. Il faut beaucoup des deux pour se lancer dans le vide, sans aucune expérience, pour atteindre son rêve au prix de dizaines de gamelles à vous briser les vertèbres.

Son personnage étant truculent, on pardonnera à Dexter Fletcher d’avoir privilégié les grosses cordes et le sentimentalisme, plutôt que l’understatement et la critique sociale, mais c’est de la veine de "Billy Elliot", "Full Monty" et autres "Virtuoses" ("Brassed Off"). Taron Egerton, découvert dans "Kingsman", prouve qu’il a le talent versatile.


"Eddie the Eagle" : Billy Elliot à Garmisch-Partenkirchen
©DR

 Réalisation : Dexter Fletcher. Avec Taron Egerton, Hugh Jackman, Christopher Walken… 1h 46