"Le labyrinthe du silence" : le devoir de mémoire en action

"Le labyrinthe du silence" met en scène me le travail de Johann Radmann pour en arriver à ce procès.

H. H.
"Le labyrinthe du silence" : le devoir de mémoire en action
©DR

En DVD. Jusqu’au début des années 60, la société allemande a développé une forme appuyée d’amnésie collective, refoulant totalement l’horreur des camps de concentration… En France, l’un des déclics fut, dès 1956, le film d’Alain Resnais "Nuit et brouillard". Si l’on en croit le film de l’Italo-Allemand Giulio Ricciarelli, de l’autre côté du Rhin, il aura fallu le "Second procès d’Auschwitz", qui s’est tenu entre décembre 1963 et août 1965 et qui a jugé 22 responsables du camp de la mort…

"Le labyrinthe du silence" met en scène me le travail de Johann Radmann pour en arriver à ce procès. Sous l’impulsion du journaliste Thomas Gnielka, ce jeune procureur de Francfort-sur-le-Main va, à partir de 1958, enquêter sur ce qui s’était réellement passé à Auschwitz. Une enquête difficile car pas grand monde en Allemagne n’avait alors réellement envie de voir ressurgir le passé. Tous les nazis ne s’étaient en effet pas évaporés avec la chute du régime hitlérien. Certains fonctionnaires sont restés en poste, que ce soit dans l’administration, la justice, la police ou l’éducation… Dans son combat, Radmann pourra néanmoins compter sur le procureur général Fritz Bauer, au centre du film de Lars Karume qui sort ce mercredi sur les écrans.

Mis en scène et construit de façon efficace, comme un thriller, "Le labyrinthe du silence" pâtit quand même de la distance prise avec la réalité. Car si Bauer ou Gnielka ont réellement existé, Radmann est la contraction de trois différents procureurs. Un procédé dramatiquement compréhensible mais qui pose question quand on revient sur un moment aussi capital de l’histoire contemporaine… 


--> 1 DVD (Lumière). Pas de bonus.

"Le labyrinthe du silence" : le devoir de mémoire en action
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