"Mother's Day" : La guimauve de la semaine

Ce film chorale enfile ses saynètes sans chercher le feu d’artifice ni l’édification. On sourira un peu, les plus réceptifs verseront peut-être une petite larme en se reconnaissant ici ou là. Mais on s’étouffe tant ça sent le réchauffé.

A.Lo.

Quadra divorcée, jeune mère orpheline, couple lesbien, couple mixte, veuf traumatisé, carriériste sans famille, parents xénophobes… Les mères et pères/compagnons de "Mother’s Day" présentent sur le papier pas mal de couleurs de l’arc-en-ciel…

A l’écran, pourtant, tout cela s’uniformise, dans des banlieues proprettes et sans aspérité où le sacro-saint dénominateur commun demeure la famille, retour de manivelle consensuel de cette comédie prémâchée et formatée : même les séries télé n’osent plus une telle accumulation de platitudes. A 81 ans, Garry Marshall, l’ex-réalisateur célébré de "Pretty Woman", continue de cocher consciencieusement le calendrier des fêtes plus ou moins commerciales après "Valentine’s Day" (2010) et "New Year’s Eve" (2011).

Julia Roberts, fidèle parmi les fidèles, joue les utilités pendant que Jennifer Aniston, la Sophie Marceau américaine, répète son numéro de working girl/mom qui ne baisse pas ses bras fitnessés.

Ce film chorale enfile ses saynètes sans chercher le feu d’artifice ni l’édification. On sourira un peu, les plus réceptifs verseront peut-être une petite larme en se reconnaissant ici ou là. Mais on s’étouffe tant ça sent le réchauffé. Dont acte : Marshall, qui a sa carrière derrière lui, est le roi déchu de la comédie guimauve. Si vous détestez vraiment votre mère, faites-lui donc sa fête avec celle-ci.


Réalisation : Garry Marshall. Avec Jennifer Aniston, Julia Roberts, Kate Hudson… 1h58